Si on vous demande quel fut le dernier arbitre de hockey belge masculin à siffler aux JO, il vous faudra sans doute réfléchir avant de trouver la réponse. Ne cherchez plus : il s'agit d'Eric Denis, aux Jeux de Sydney 2000. Il y eut certes entre-temps Laurine Delforge chez les Dames, à Rio en 2016- qui siffla même une finale à sa première participation, un exploit retentissant - mais chez les Messieurs, il était le dernier.

Le coronavirus ne fait pas de quartier : même les quinquagénaires en pleine santé, comme l'était Eric Denis, peuvent y succomber. Il y a un mois, l'arbitre du Watducks avait été hospitalisé à son retour d'Espagne, où il avait assuré un vol régulier - il était pilote de ligne après avoir travaillé pour la Défense, où il avait même piloté l'avion royal. Il n'allait hélas plus quitter l'hôpital, où il avait en outre contracté une maladie nosocomiale. Une fin que personne n'avait vu venir pour cet homme si dynamique et qui semblait infatigable.

Eric Denis avait été joueur lui-même dans les années 80 et 90, notamment au Racing et à l'Ombrage, mais c'est surtout dans l'arbitrage qu'il s'est illustré. Tout cela avait commencé par une Coupe du monde militaire, à Cologne en 1993, où il s'était fait remarquer positivement. Quelques années plus tard, il sifflait la Coupe intercontinentale de Kuala Lumpur, en 1997 (l'ancêtre des World Cup Qualifiers), un quart de finale de Coupe du monde à Utrecht en 1998 et les JO de Sydney en 2000. Une carrière fulgurante, qu'il arrêta à 33 ans, à la surprise générale, pour se consacrer à sa famille et à son métier de pilote. Nul doute qu'autrement, son palmarès déjà enviable se serait encore enrichi considérablement.

La relance de l'arbitrage belge

En 2012, il se retrouve par un hasard incroyable assis comme passager dans un vol pour Londres, à côté de Vincent Loos. Une heure de conversation plus tard, les deux compères fondaient la Cellule internationale de l'arbitrage belge, qui allait entre autres piloter Laurine Delforge dans son ascension vers les sommets, mais aussi faire revenir un arbitre belge en Coupe du monde : Greg Uyttenhove en 2018 à Bhubaneswar, où l'arbitre gantois siffla également un quart de finale - sans compter son rôle d'arbitre vidéo en demi-finale et en petite finale, l'accès de la finale lui étant bien sûr interdit. Les contacts qu'Eric Denis avait conservés dans le hockey international furent à cet égard particulièrement utiles. Il avait quitté la Cellule internationale l'an dernier pour se consacrer à l'arbitrage de son club, mais restait un coach d'arbitre craint, respecté et écouté en Division d'Honneur.

Eric est aussi le père de Maxime Denis, qui marche sur les traces de son père en tant qu'arbitre très prometteur de DH, et de Mathis, qui défend les cages du Watducks dans les séries d'âge.
A toute sa famille, notre journal présente ses plus sincères condoléances.