Zoulou Brulé officiait encore à Nivelles lorsque le Dragons, emmené par Bert Wentink, remporta son dernier titre de champion de Belgique. C’était l’époque des Hopchet, Smilovici, Butler, Sherriff ou encore d’un certain Michel Kinnen, aujourd’hui T2 du club de Brasschaat.

Sept ans plus tard, les Sang et Marine retrouvent enfin les cimes du championnat, après avoir défait les Canards. "Ce n’est par hasard", explique l’ancien sleeper de l’équipe nationale. "Depuis 2006 et mon arrivée en banlieue anversoise, c’est la première fois que nous formons un collectif soudé, cohérent et équilibré. De la même manière, le staff est complet et très pro". On a également loué le recrutement intelligent du président Jean-Pierre Speleers : "Clairement, le club a fait montre d’une vision à long terme. Quand vous attirez Van Aubel, Pangrazio et Luypaert, pour ne citer que les jeunes Belges, vous êtes dans un travail de fond. Ça paie d’entrée, tant mieux !" Zoulou, de son vrai prénom Jean-Philippe, pour ceux qui l’ignoraient encore (ou qui l’auraient oublié !), analyse plus en profondeur les raisons du succès de son équipe : "Nous présentons non pas un "onze", mais bien un "seize" très équilibré et très fort. On a des jeunes, des joueurs plus expérimentés, des rapides, des "zen", mais surtout on n’a pas que des vedettes; on a aussi des travailleurs, qui forment un groupe où tout le monde joue pour les autres".

Avec seulement une défaite à son passif, le Dragons a toutefois dû céder la première place du championnat régulier au Racing, qu’il retrouvera en finale. La faute à 8 matches nuls ("certains sont regrettables", l’intéressé dixit). Mais Colin Batch et ses protégés affichent des statistiques... de champions ! Meilleure attaque de la compétition (96 buts), meilleure défense ex aequo avec Waterloo (44 buts), voilà des raisons d’être optimiste : "En défense, l’apport de Manu Leroy est phénoménal : non seulement il a gagné des points à lui tout seul, mais il est de surcroît un second coach sur le terrain. Quant au secteur offensif, si avant nous comptions surtout sur Dekeyser sur pc, aujourd’hui nous offrons un profil plus varié : pc, contre-attaques ou faire le jeu, nous avons un arsenal très complet".

Dans la finale aller-retour face au Racing, d’aucuns pourraient penser que les Ucclois partent avec un avantage psychologique : Jérôme Truyens et consorts ont un bilan positif face à Zoulou Brulé et ses coéquipiers : 4-4 à Brasschaat, 4-2 à Fort Jaco. Cependant, on l’a écrit et dit dans les deux langues, le play-off est une compétition à part. D’autant plus dans une finale où les manches aller et retour ne se joueront qu’à quelques heures d’intervalle : "Ça sera une finale sans stress", prévoit le Nivellois, "les deux équipes sont assurées de jouer l’EHL, et ne se battront plus que pour le titre. Bien sûr, l’enjeu est important, mais la saison des deux clubs est déjà réussie. Dès lors, je m’attends à du beau spectacle et à un jeu détendu". "Selon moi, le banc aura toute son importance le dimanche. On ne peut se permettre d’user ses 11 joueurs deux jours de suite dans des matches intenses". Petit clin d’œil à Marcelo ? Ou Zoulou pointe-t-il juste là un avantage, sur papier, pour son équipe ?

Il l’a dit, l’objectif des deux clubs était avant toute chose de décrocher un ticket pour la fête du hockey européen, l’EHL. Deux clubs néophytes, même si le Dragons a une expérience relativement récente de la Coupe d’Europe. "Evidemment, il nous faudra quelques renforts. Mais presque tout le monde au Dragons a ou a eu une expérience internationale. Et le championnat belge ne cesse de progresser. Le but est donc bien de passer, au moins, le premier tour, et je reste mesuré !"

En effet, l’épopée louvaniste de l’année dernière a fait des émules : "Et cette année encore, ils n’étaient pas loin de mettre Amsterdam dehors. Alors, clairement, nous nous produirons sur la scène européenne avec la performance de Louvain en tête !"