A l’heure où nos internationaux ont établi leur camp en terres argentines, les clubs de l’élite dressent un bilan d’un premier acte aussi bref que révélateur de certaines tendances. Au rayon "maintien", l’Orée, dixième au classement, ne cède le premier siège éjectable au Léo qu’au nombre de victoires et voit le peloton de tête s’envoler irrémédiablement.

Malgré ce constat peu reluisant, Arnaud Van Geirt, qui s’épanouit sur le flanc gauche oréen, refuse de verser dans le négativisme : "Il est impossible de nier les difficultés que nous rencontrons en ce moment. Les statistiques nous rappellent, en effet, tant nos errances défensives que notre mutisme offensif. Sans chercher d’excuses, notre noyau souffre cruellement des nombreuses absences et de la méforme actuelle de notre buteur, Facundo Callioni. Néanmoins, nous continuons à travailler dur, dans une ambiance des plus positives. Ne vous y méprenez pas, l’Orée n’a pas dit son dernier mot."

Celui qui a fait toutes ses classes auprès des Woluwéens avec lesquels il a vécu deux demi-finales, reste cependant lucide lorsqu’il évoque les ambitions futures d’un club victime de la bipolarisation de notre compétition : "Après un départ aussi décevant, seul le maintien doit occuper nos pensées. Une tâche qui sera loin d’être évidente lorsque l’on sait que l’on a déjà perdu des plumes face à des concurrents directs comme le Wellington et le Braxgata. Viser plus haut ne serait pas réaliste. Le championnat s’est indéniablement scindé en deux, les équipes du top véhiculant bien plus d’argent que celles qui se retrouvent aujourd’hui à la peine."

Outre le creux financier existant entre le haut et le bas du tableau, le médian bruxellois pointe également du doigt le pillage dont l’école de jeunes oréenne fait l’objet : "Notre centre de formation regorge de talents. Or, ces jeunes, souvent impatients, rejoignent trop rapidement des clubs plus huppés. Et ce, dans l’unique but d’être repris un jour chez les Red Lions. En effet, la politique mise en place par Bert Wentink, au sein de la Fédération, incite les jeunes à évoluer dans les équipes où se côtoient des internationaux confirmés. L’Orée en a fait les frais en cédant deux promesses, Van Aubel et Boccard, au Dragons et au Watducks."

Si ces départs ont laissé un grand vide dans l’entrejeu woluwéen, ils auront pourtant permis à Arnaud Van Geirt de s’imposer sur l’échiquier mis en place par Jean Willems : "Lors de la préparation, le coach m’a confié le poste de milieu gauche, jadis occupé par Van Aubel. Après avoir été utilisé à toutes les sauces , j’ai enfin trouvé mon poste de prédilection, remplissant avec sobriété les attentes placées en moi."

Cette sobriété et cette expérience, les jeunes oréens en auront bien besoin s’ils veulent prolonger leur séjour en division d’Honneur.