C'est un succès historique, n'ayons pas peur des mots. Que cela fait plaisir de voir tous les joueurs belges arborer un large sourire après une rencontre décisive... Maxime Luycx fut le premier à arriver au coin de presse. "Jusqu'ici, le titre de Waterloo l'an dernier était le plus beau jour de ma vie, mais ceci n'est évidemment pas la même chose, cela surpasse tout. On a tant travaillé pour atteindre cet objectif et, cette fois-ci, nous n'avons plus échoué à 14 secondes près. Adam Commens nous a apporté plus de liberté mais mes remerciements vont aussi à Giles Bonnet et Pascal Kina qui ont bien préparé le terrain. Depuis notre premier match contre l'Allemagne, on savait qu'on avait autant de talent et d'expérience qu'eux. Nous avons joué un tournoi de très haut niveau et tous les joueurs clés ont été au top de leur condition. Le travail d'équipe a, lui, été énorme. Une chose était certaine, c'était vaincre ou mourir, en aucun cas nous n'allions abandonner, quel que soit le score."

Bizarre, la vie, murmurait le capitaine Thomas Van den Balck. "A Madrid, il y avait 14 secondes de trop. Ici, nous marquons alors que le temps réglementaire est presque écoulé. Il restait deux ou trois secondes, je ne sais pas. Nous n'avons jamais douté, même à 0-2. Cela fait presque un an qu'on travaille là-dessus et cette petite finale, nous l'avons déjà jouée dans notre tête. On rentre doublement dans l'Histoire : on élimine les champions du monde qui devront aller se refaire une santé de l'autre côté de la planète, et on se qualifie pour les Jeux pour la première fois en 31 ans. Nous avons remis la Belgique sur la carte du hockey mondial. Je serai content de retrouver les Allemands à Pékin... et de les battre de nouveau, bien entendu !"

"Energie dans les tribunes"

Cédric De Greve peut réclamer sa part du gâteau : il a eu une part prépondérante dans le succès des Diables, faisant taire les critiques souvent trop sévères à son égard. "J'ai eu un petit creux contre la Hollande. J'ai complètement perdu, on peut le dire, mon duel avec Taekema, le meilleur sleepeur du monde. J'ai eu un petit coup de stress sur le premier pc, mais ça s'est bien passé et j'ai retrouvé mes marques. Ma première sortie ? C'est toujours difficile en revers, mais l'organisation a été bien respectée, un joueur me doublait, je n'ai pas eu trop peur sur ce coup-là. Maintenant, il reste à aller jouer à Pékin et à prendre congé de mes clients (NdlR : Cédric est vétérinaire), mais je suppose qu'ils seront compréhensifs. Après Pékin, je pense que je devrais arrêter car le hockey est très difficile à combiner avec ma vie professionnelle." Tchouk Truyens n'en revenait pas. "Peu importe qui a marqué, on va aux Jeux ! Ce fut un tournoi très difficile, il n'y avait pas un match reposant, mais on a joué à notre meilleur niveau. Moi, c'est ma première campagne olympique, mais je suis surtout content pour les anciens qui étaient déjà à Madrid car grâce à notre prestation, ils n'ont pas vécu deux fois le même cauchemar.

Philippe Goldberg n'avait jamais douté de la qualification. "Aujourd'hui, c'est un jour où tout réussissait. Je devais me faire pardonner mon match de m... contre la Hollande, aussi étais-je surpris de commencer, mais je pense avoir joué cette fois un très bon match. Je devais bien ça à l'équipe. Il y avait une énergie dans ces tribunes, sur ce terrain, avec les supporters... Aujourd'hui, nous avions une équipe de gagnants. Nous avons vu que les Allemands regardaient par terre en rentrant au vestiaire, malgré qu'ils menaient 0-1. On sentait qu'on allait les battre."