Depuis 1976 - c'étaient des hockeyeurs à l'époque -, plus aucun sport belge d'équipe n'a été représenté aux Jeux Olympiques. Au début de l'été, on a appris que cette mauvaise habitude prendrait fin à Pékin puisque les Diablotins de football, sous l'aile de Jean-François de Sart, ont réussi à se qualifier. Il va sans dire que les hockeyeurs aimeraient bien à leur tour marcher sur les traces de leurs glorieux aînés, et l'opportunité leur en est offerte au prochain championnat d'Europe des nations, à Manchester, du 19 au 26 août. De quoi oublier le cycle précédent, qui s'était achevé dramatiquement en mars 2004 à Madrid, où les Belges avaient jeté au vent leur qualification à 14 secondes de la fin d'un match de sinistre mémoire contre l'Afrique du Sud.

Dire que la qualification tend les bras aux Diables serait cependant une antiphrase. En réalité, c'est un véritable parcours du combattant auquel seront astreints nos représentants, avec d'emblée une rencontre cruciale contre l'Angleterre, le pays organisateur et principal obstacle sur la voie des demi-finales. Victoire hautement souhaitée pour ne pas dépendre d'une éventuelle différence de buts, défaite interdite. Si les Diables réussissent à franchir cet écueil redoutable, ils ne seront pas au bout de leurs peines, puisque seules les trois premières places du tournoi sont directement qualificatives pour Pékin. Et il faudra donc battre l'Espagne, la Hollande ou l'Allemagne pour éviter un tournoi de repêchage début 2008.

Au début de l'été, suite à des performances en demi-teinte au Champions Challenge, la direction de l'équipe nationale a pris ses responsabilités et changé de coach, le Sud-Africain Giles Bonnet cédant sa place, après six ans, à l'Australien Adam Commens. Ce qui a entraîné aussi le départ de l'adjoint Pascal Kina, remplacé par Philippe Vanhemelen avec l'adjonction de Murray Richards pour les problèmes spécifiques de défense.

2007, année Commens ?

Moins hermétique que son prédécesseur, l'Australien connaît le hockey comme sa poche. Il n'a pas été pour rien 143 fois international dans une des meilleures équipes du monde, et contrairement à Bonnet, il est basé en Belgique depuis trois ans et suit la compétition belge de très près. Il vient de fêter un doublé historique avec l'Antwerp en étant champion avec les messieurs (comme joueur) et les dames (comme coach). 2007 pourrait définitivement être son année s'il parvient à qualifier les Diables pour Pékin...

"En six semaines, il est impossible de faire des miracles" rappelle cependant l'Australien. "Je n'ai apporté que quelques retouches au groupe : ainsi, Alexandre De Saedeleer a pris la place de Fabrice Bourdeaud'hui, j'ai remis Benjamin Van Hove à l'attaque et Xavier Reckinger en défense. C'est leur place naturelle. Loïc Vandeweghe renforcera l'entrejeu. Pour le reste, je laisse davantage de liberté aux joueurs sur le terrain, mais je veux que l'équipe fasse bloc en cas de perte de balle. La condition physique du groupe a été mise en question après le Champions Challenge, mais c'était un faux problème : si les joueurs ont eu l'air si fatigué en terminant le tournoi, c'est parce qu'ils ont passé leur temps à courir derrière la balle, ce qui est très fatigant. Garder la balle est la meilleure manière d'éviter cela. En tournoi, il ne faut pas non plus assommer les joueurs avec des heures de debriefing, c'est la meilleure manière de les fatiguer mentalement."

Ces principes sains ont déjà trouvé un premier aboutissement le week-end dernier avec des résultats encourageants au tournoi de Hambourg. Passons sur la lourde défaite (0-6) contre l'Allemagne, que même le coach espagnol Maurits Hendriks qualifie de "hors norme", mais le match nul contre l'Espagne (2-2) et la victoire sur l'Angleterre (3-2) sont somme toute une répétition générale de ce qu'il faudra faire à Manchester dans une semaine. Acceptons-en l'augure !

© La Libre Belgique 2007