Huit défaites, une victoire : le bilan des Belges en Coupe du Monde n'a rien de reluisant. Après une qualification par la petite porte à Edimbourg (où ils n'avaient déjà gagné que 2 matches sur 7), les Diables rouges n'ont pu que confirmer qu'ils étaient arrivés là un peu par hasard et qu'ils ne contribuaient certainement pas à renforcer le niveau de jeu du tournoi. Que la FIH ait décidé depuis longtemps de faire repasser la Coupe du Monde à 12 équipes est d'ailleurs symptomatique à ce sujet.

La Belgique revient donc de Kuala Lumpur - un endroit qui ne lui a jamais réussi - avec une quatorzième place. Cela signifie trois places plus bas qu'en 1994 à Sydney. Depuis lors, les Belges se sont fait dépasser par la Nouvelle-Zélande et la Malaisie, leurs rivaux de toujours, et par le Japon, une nation émergente. Trois pays qu'il faudra dépasser (et ce ne seront pas les seuls !) d'ici fin 2003 si le staff de l'équipe nationale veut réaliser son ambition affichée : se qualifier pour les Jeux de Sydney.

Ne nous voilons pas la face : cet objectif s'annonce des plus ardus dès l'instant où seuls les trois premiers de l'actuelle Coupe du Monde, les cinq champions continentaux et (peut-être, car il en a le droit) le pays organisateur seront qualifiés d'office. Même en tenant compte de doubles emplois possibles, le tournoi de qualification n'ouvrira la porte qu'à quatre ou cinq équipes. Pour se glisser dans cette compagnie très select, les Diables rouges doivent impérativement hausser nettement leur niveau actuel.

Le match de classement contre l'Afrique du Sud a encore mis en évidence les lacunes de l'équipe: incapacité à tenir un résultat (elle mena 0-3 peu après le repos et encore 1-4 à un petit quart d'heure de la fin avant de se faire rejoindre sur le fil et de se faire battre au but en or), terrible faiblesse sur le pc défensif (17 buts encaissés sur cette phase dont 14 directs; à comparer avec les 7 pc inscrits, dont un seul direct, dans le camp belge !), incapacité à faire le jeu. La question est de savoir si le groupe actuel a les moyens de faire beaucoup mieux sans renfort extérieur. Personnellement, au risque de nous retrouver une fois de plus dans le rôle ingrat de Cassandre, nous pensons que non.

D'autant que d'ici Athènes, des joueurs comme Marc Coudron et Jean Willems auront plus que probablement tiré leur révérence. Ce n'est pas la mentalité qui fait défaut aux Diables rouges, car ils se sont battus jusqu'au bout, mais bien la technique et la vitesse d'exécution...

© La Libre Belgique 2002