ÉVOCATION

Jusqu'en 2001, le «World Cup Qualifier» s'appelait Coupe intercontinentale. C'est la quatrième fois de rang que les Belges disputent cette compétition où ils ont connu des fortunes diverses, dont certaines font partie des plus belles photos de l'armoire à souvenirs.

En août 1993, à Poznan, il y avait six places qualificatives. La Belgique partait avec des ambitions mesurées. Quatrième d'un groupe difficile qui comprenait aussi la Pologne, la France, l'Afrique du Sud (où évoluait au libero, à l'époque, un certain... Giles Bonnet), l'Inde et l'Argentine, elle acquit le droit d'affronter en match croisé pour la qualification les 3 éme s de l'autre poule, les redoutables professionnels malaisiens. Ceux-ci menaient 1-3 à la mi-temps et galvaudèrent une occasion exceptionnelle de creuser l'écart à 1-4 juste après le repos.

Mal leur en prit car la Belgique revint à 3-3 et avec un brillant Michel Van Oost dans le but, fit un sans faute au tiré des strokes. Les nerfs du cinquième Malaisien craquèrent et il envoya la balle sur le piquet. Un petit bruit métallique qui, treize ans après, résonne encore joyeusement dans la tête de tous les Diables Rouges de l'époque. La suite - la Coupe du monde à Sydney en décembre 1994 - fut cependant moins drôle: peu habituée à jouer à ce niveau, sans discipline et avec une condition physique insuffisante, l'équipe belge évita la dernière place en battant le Belarus (avec Vitali Kholopov) lors de la dernière journée.

A sept minutes du bonheur

En mars 1997, dans la fournaise insoutenable de Kuala Lumpur et ses orages tropicaux, les Belges tenaient la qualification lors de leur dernier match de poule, contre la Nouvelle-Zélande.

Au match précédent, ils avaient réussi l'exploit de tenir la Corée en échec (4-4) et une victoire contre les «kiwis» leur suffisait. A sept minutes de la fin, les Belges menaient toujours 1-0 mais à force de reculer sans cesse depuis la mi-temps, ils finirent par se faire étouffer et encaissèrent trois buts dans les sept dernières minutes, signés tous trois par le vétéran John Radovonich.

Obligés, par une succession de surprises dans l'autre poule lors de la dernière journée, de disputer des barrages contre le pays organisateur, les Belges furent alors solidement arnaqués par l'arbitre O'Connor, qui laissa les Malaisiens ceinturer le gardien belge Vincent Deneumostier sur penalty corner. Une phase pourtant montrée à l'arbitre sur vidéo la veille...

Mais il aurait fallu à l'arbitre irlandais des gonades bien accrochées pour annuler un but devant 25 000 spectateurs vociférants et sans grillages autour des gradins... Les Belges s'inclinèrent finalement 3-0 et rentrèrent chez eux la tête basse, conscients d'être passés à côté de la montre en or.

Un système différent

En 2001, à Edimbourg, le système était différent: on commençait par un groupe de 4 où il fallait terminer premier ou deuxième. La Belgique était en balance avec la France pour la 2

e place du groupe, derrière l'Argentine.

Après un match nul contre les Français, tout se joua à la différence de buts. Spectateurs du dernier match, les Belges encouragèrent le Bangladesh afin que celui-ci ne perde pas 5-0 contre la France...

Celle-ci menait pourtant déjà 4-0 au repos et tout semblait dit. Puis le miracle arriva : le Bangladesh marqua ses deux seuls buts de la poule et ne s'inclina que 5-2. Au tour suivant, les Belges, à la faveur d'un match nul contre l'Espagne, devancèrent le Canada et la Nouvelle-Zélande, forçant une nouvelle qualification sous les yeux de leur futur coach, Giles Bonnet. Celui-ci prit le parti de reconstruire une nouvelle équipe sans s'inquiéter des résultats de la Coupe du monde 2002, à Kuala Lumpur, où les Belges terminèrent dès lors logiquement 13es sur 16 avec une seule victoire, contre la Pologne, pour huit défaites.

Près de cinq ans plus tard, une nouvelle qualification est en jeu, pour la Coupe du monde de septembre prochain, à Mönchengladbach...

© Les Sports 2006