Uccle Sport, 14 fois champion de Belgique. Le Léopold, 26 fois. Ces deux clubs occupent aujourd’hui une position peu flatteuse dans le championnat, puisqu’ils sont tous deux virtuellement relégables. Pas de quoi attaquer la deuxième partie de saison avec confiance.

Qui mieux que Bob Maroye et Vincent Van Gucht pour évoquer la situation désagréable des clubs ucclois ? Le premier n’est pas seulement un monument du hockey belge : joueur, il fut sacré 11 fois champion avec Uccle Sport, mais c’est au Léopold qu’il s’est affirmé comme un entraîneur hors pair, depuis 12 ans. Le second fut le coach léonin durant trois saisons, récoltant deux titres. Aujourd’hui il officie chez le rival du bas de la commune.

Ces deux clubs ont-ils laissé filer le train de la modernité ? Leur politique de formation des jeunes peut-elle s’avérer payante ? Comment voient-ils les prochaines années ?

"Si le train de la modernité c’est le règne du pognon, alors oui, il est parti sans nous", déclare sans ambages Bob Maroye. "Nous ne voulons pas rentrer dans un système de rémunération des joueurs. Nos seuls arguments lorsque nous approchons un joueur, c’est la possibilité de jouer le haut du classement, dans un environnement agréable et avec une ambiance sympathique. Avant l’arrivée de l’argent dans le hockey, le Léo était un club où on voulait venir : j’en suis la preuve ! Aujourd’hui, nous devons combattre avec des adversaires qui utilisent des armes que nous ne pouvons, ni ne voulons, utiliser". Le pavé dans la marre est lancé. Vincent Van Gucht embraye : "L’esprit de clocher, l’amour du maillot, ces notions ne doivent pas disparaître. Malheureusement, elles ne sont plus la priorité chez certains". Mais ce fameux "système" dans lequel se sont engouffrées certaines écuries, est-il viable à moyen terme ? "Moi, je souhaite que le hockey tende vers une professionalisation accrue, parce que je veux que notre sport progresse et gagne en visibilité. Mais des clubs comme les nôtres devront s’adapter, et le hockey perdra en charme", explique le coach des Merles. Bob ne partage pas l’avis de son ancien collègue : "dans 5 ans, on verra si l’argent fait encore la loi dans le hockey. Et si ce n’est pas le cas, alors les clubs qui auront misé sur la formation retrouveront les places d’honneur. Le hockey moderne, avec des joueurs qui voyagent chaque intersaison, ne me plaît pas".

Comme alternative, nos deux intervenants plaident alors pour mettre sur pied une réglementation des transferts, qui permettrait aux clubs formateurs de valoriser le travail de longues années, et qui inciterait peut-être certains clubs à investir davantage dans la formation mais ils sont nombreux à ne pas vouloir en parler ! "Il n’est pas normal que des clubs comme Uccle ou l’Orée se fassent piller comme cet été", déplore Van Gucht, sur quoi rebondit le "T2" léonin : "l’Orée avec Dekeyser, de Paeuw, Boccard et van Aubel, ce serait une machine de guerre !"

Et de conclure, avec le sens de la formule qu’on lui connaît, résumant la situation en une seule phrase : "La ‘footballisation’ du hockey est un drame !"