C’est un nouveau grand jour que la grande famille du hockey belge vient de vivre : une nouvelle qualification olympique qui ne doit rien à personne, devant un stade rempli de supporters belges vociférant et une nouvelle place dans le Top 4 européen. Une soirée fantastique qui avait pourtant si mal commencé, puisque les Belges étaient menés 0-2 au repos, contre le cours du jeu.

Maxime Luycx, un sourire éclatant, fut le premier à sortir du terrain. Le vaillant capitaine avait fêté de la plus belle manière qui soit sa 300e cape, en marquant un superbe but qui avait totalement relancé la mécanique belge. "Nous avons mieux joué qu’eux, mais commis deux erreurs défensives en première mi-temps et on savait que contre eux, cela allait coûter cher. L’important était de garder sa structure. Nous savions que deux buts, cela peut aller très vite. Nous les avions refaits contre l’Allemagne en 2007 et dans l’autre sens, l’Argentine nous avait battus il y a deux ans. C’est venu en trois minutes, finalement. C’était fantastique de jouer devant ce stade tout en rouge. Nous étions attendus, nous faisons peur à de plus en plus de monde et nous sommes venus ici avec un statut à défendre. Ce fut un super match et le groupe a fait preuve de beaucoup de maturité. Aujourd’hui, nous allons profiter pleinement de la qualification mais on ne va pas s’arrêter là. La Hollande, vous dites ? On jouera à fond et je suis sûr que nous pouvons créer un exploit."

Jérôme Dekeyser, toujours à l’aise dans trois langues, n’en revenait pas : "On savait que ce serait un avantage de pouvoir se contenter d’un match nul, mais pour revenir de 0-2 à 3-2 ce n’était pas facile. Nous savions néanmoins que c’était possible car ils ne méritaient pas de mener à la marque. Un certain nombre de joueurs clés chez nous, qui avaient été en dessous de leur niveau contre l’Allemagne, se sont cette fois levés et ont emmené le reste de l’équipe. Max a marqué un but fantastique pour libérer l’équipe. C’est un tout autre sentiment qu’à Manchester cependant. Là, nous avions causé une gigantesque surprise, mais ici nous avons fait honneur à notre statut."

Félix Denayer jubilait lui aussi : "Je n’ai jamais eu l’impression qu’on allait lâcher ce match. Les occasions, nous leur avons tourné le dos en première mi-temps, mais elles sont rentrées ensuite. Le public nous a vraiment poussés dans le dos, on jouait comme chez nous ! On va maintenant brièvement fêter cela, mais la demi-finale contre la Hollande est très importante aussi. Nous avons l’occasion d’écrire l’histoire pour la première fois. Le pire qui puisse arriver est qu’on soit quatrièmes." Et Chouchou De Saedeleer d’embrayer : "Surtout que nous ne sommes jamais aussi forts que quand nous pouvons jouer détendus. Désormais il n’y a plus de pression, tout le reste est du bonus, le premier objectif est atteint, nous sommes aux Jeux. La Hollande en demi-finale, on en parle souvent entre nous : nous avons bien envie de la battre. Dans un tournoi, il est souvent bien de commencer sur un mode mineur et de monter ensuite en puissance. C’est ce que nous sommes en train de faire."

Il en restait quelques-unes à placer pour Colin Batch, coach comblé mais toujours impassible : "Ce fut un match très typique. L’Espagne a une des meilleures équipes du monde et a démontré sa grande expérience en marquant deux buts dans son style typique. L’important était pour nous de garder notre structure et mon équipe a joué une deuxième mi-temps fantastique. Je dois absolument féliciter tout le monde. A 0-2 beaucoup de gens s’attendaient sans doute à ce que je change un maximum de choses, mais ce n’était pas nécessaire car nous jouions bien. On savait qu’un simple pc pouvait relancer le match. A 2-2 j’ai compris que nous tenions le bon bout."

Xavier Reckinger se tournait déjà vers le futur : "Ce n’est qu’un premier pas. Maintenant, on regarde en direction des demi-finales contre la Hollande. On a encore joué contre eux juste avant de venir ici (NdlR : défaite 2-4 au Braxgata en fin de match) et on sait ce qu’on doit attendre d’eux."

Et Tchouk Truyens de conclure : "On a été portés par le public qu’on doit remercier, ils ont été fantastiques depuis le début en chantant l’hymne national avec nous. On n’aurait pas gagné sans eux. Je leur fixe d’ores et déjà rendez-vous en demi-finale pour une nouvelle fête contre la Hollande !"