WAT. DUCKS

1-3

BEERSCHOT

C'est l'histoire d'un thriller. Enfin non, pas vraiment. On n'a tremblé que 50 minutes, alors que dans un thriller digne de ce nom, on tremble jusqu'à la fin. Disons plutôt que c'est l'énième remake de l'histoire merveilleuse contée par Alphonse Daudet, la chèvre de Monsieur Seguin. Elle s'est battue toute la nuit, mais au matin, le loup l'a mangée.

Pour rester dans les allégories, dimanche, ce n'était certes pas une chèvre contre un loup, mais des canards contre des ours. Eh bien, comme il fallait s'y attendre, les ours ont gagné, mais ce ne fut pas sans mal. On était d'ailleurs loin des transports d'allégresse auxquels on aurait pu s'attendre au coup de sifflet final, alors que les Anversois fêtaient leur première accession au play-off !

Six titulaires absents, dont cinq volontairement, et non des moindres : les frères Degrève, François De Saedeleer, Benjamin Van Hove et Alexis Mestdag : faites le compte, c'était une demi-équipe qu'il fallait replâtrer. Les réservistes waterlootis firent ce qu'ils purent pour retarder l'échéance (en particulier, le gardien réserviste Raphaël Tinant livra une excellente prestation) mais après 70 minutes, c'est tout de même le Beerschot qui, après mille peurs, frayeurs et angoisses, sort largement vainqueur, sur un score qui reflète mal ce qui s'est passé entre-temps sur le terrain.

Le début de match laissait pourtant présager une rencontre à sens unique: le Waterloo Ducks mit huit minutes à franchir la ligne médiane ! Et comme si souvent dans ce cas, ce fut pour aller marquer le premier but du match, Xavier Brooke lançant Thibault De Saedeleer dans l'axe pour un joli travail technique (1-0).

Le monde s'effondrait pour le Beerschot qui voyait déjà se profiler le scénario-catastrophe. D'autant que les premiers pc ne donnaient rien (grâce surtout à l'excellente prestation de Tinant dans le but) et que William Pecher se permettait de tirer à côté de la balle sur une occasion immanquable (quoique... la preuve !) concoctée par Philippe Goldberg. Enfin, Jérémy Collin envoyait une fusée... non cadrée. Tous les ingrédients semblaient réunis.

Arrive la 25e minute. Cinquième pc pour le Bee , John Goldberg qui change de côté et égalise. Soulagement chez les Anversois mais comme quelques minutes plus tard, tous les GSM qui bordent le terrain sonnent à l'unisson pour annoncer que le Wellington est revenu de 0-1 à 2-1, tout reste à faire. Retour à la case départ.

La deuxième mi-temps reprend et le Waterloo Ducks force son premier pc. Une phase confuse et Thibault De Saedeleer envoie un tir canon qui rebondit sur l'intérieur du montant ! On sent bien que c'est le tournant du match, la chance vient de choisir son camp. Elle sera mauve, la chance, d'abord sur un rebond de pc d'Antoine Hertoghe à 20 minutes de la fin, puis sur un `contre de contre´ où William Pecher se retrouvera isolé dans le cercle et crucifiera le pauvre Tinant (1-3). Le Bee n'a vraiment aucune raison de pavoiser, mais aucune non plus de bouder son plaisir !

© La Libre Belgique 2002