ENTRETIEN

C'est tout d'un coup Byzance dans le hockey belge. Alors que pendant des mois et des mois, on a vainement cherché un successeur à Jean-Claude Leclef -qui, après dix ans de mandat, souhaite remettre son tablier mais qui, de guerre lasse, envisageait de rempiler à nouveau- tout d'un coup, en l'espace de 24 heures, deux candidatures sont arrivées à la fédération! Dans l'ordre chronologique, celle de Marc Coudron, qu'il ne faut plus présenter. L'homme aux 358 sélections nationales, fraîchement retraité du hockey sur gazon -mais il pratique toujours son sport favori en salle et vient d'ailleurs d'ajouter un titre de champion à son enviable collection- a décidé de relever le défi. Mais mercredi matin, une autre candidature arrivait à Auderghem: celle d'Yvan Huyghebaert, ancien cadre supérieur chez CBR et Schindler, président de la Chambre de commerce de Bruxelles et de Belgique, vice-président de la Foire internationale de Bruxelles... et père du gardien de l'équipe première du Mechelse HC. Nous laissons aujourd'hui la parole au premier candidat déclaré.

D'où vient cette idée de devenir président?

Ce n'est pas venu du jour au lendemain, comme on peut se l'imaginer. Je fais partie depuis un certain temps d'un groupe de travail articulé autour du directeur des équipes nationales, Patrick Serruys, et qui s'intitule tophockey. Ce groupe a accouché d'un projet qui tend à garantir l'autonomie financière de celles-ci. Il y a quelque temps, un membre du Conseil général m'a suggéré de succéder à Jean-Claude Leclef. J'ai ouvert à ce moment-là des yeux de merlan frit, puis je me suis dit: pourquoi pas? J'en ai parlé à mon épouse qui n'y voit pas d'objection de principe: elle sait qu'à 35 ans, je n'ai pas envie de rester dans mon fauteuil! J'ai ensuite rencontré pas mal de personnes, qui étaient toutes favorables. Une dernière rencontre avec le président sortant a achevé de me convaincre de poser ma candidature.

Etes-vous sûr d'avoir assez de temps disponible?

J'ai surtout envie de m'entourer de personnes compétentes, fiables et efficaces. Aujourd'hui, la bonne volonté est bien présente au Conseil général, mais elle ne suffit plus. Bien entendu, je sais que je ne pourrai échapper à la critique et qu'il sera facile de dire que j'étais plus convaincant comme joueur. Mais à tout prendre, être président est moins contraignant qu'être coach de club: on n'a pas trois entraînements par semaine, plus le match!

Quelles sont les idées que vous comptez mettre en pratique?

Je ne me démarque pas totalement de ce que Jean-Claude Leclef a réalisé pendant sa présidence et qui a été très positif, comme on ne le souligne pas assez souvent: bâtir de véritables équipes nationales de jeunes, qui forgent d'excellents résultats. L'important est que les équipes nationales soient autonomes financièrement, ce ne sont pas les clubs qui doivent casquer pour elle. Les clubs doivent assurer les frais de fonctionnement de la fédération et ses nombreuses factures. Je voudrais aussi former un staff d'une dizaine de personnes qui puissent aller donner des cours aux entraîneurs des équipes de jeunes: ceux-ci doivent recevoir une formation qui soit aussi mentale et psychologique. Le boulot qui est réalisé au niveau des équipes nationales de jeunes doit commencer dans les clubs! Autrement dit, il faut tirer le hockey belge vers le haut.

© Les Sports 2005