ENTRETIEN

Président, depuis juillet 2001, toute la Belgique du hockey vit à l'heure madrilène. Nous voici à moins d'une semaine de l'événement. Où en est-on?

Nous n'avons jamais été aussi bien préparés au niveau mental et physique. Techniquement, nous restons à un niveau bon mais pas excellent. Notre fond de jeu s'est cependant nettement amélioré en six mois : le championnat d'Europe de Barcelone a servi à repérer certaines de nos faiblesses et à y remédier pour la plus grande part. Globalement, je ne vois pas ce qu'on aurait pu faire de mieux, même avec davantage d'argent. Car les moyens financiers sont une chose, la disponibilité des joueurs en est une autre. N'oubliez pas que nous allons aligner à Madrid la seule équipe d'amateurs du tournoi.

Quels sont les enjeux sportifs et financiers à Madrid?

L'enjeu financier est négligeable : les dépenses ont été consenties et nous resterons en équilibre après ces dépenses. Tout au plus notre contrat d'un an avec Assubel, notre nouveau sponsor, prévoit-il une surprime en cas de qualification. Sportivement c'est autre chose. En cas d'échec, il faudra de nombreux lustres avant qu'on puisse encore avoir une chance, surtout si nous ne nous scindons pas lors de l'AG extraordinaire du 22 mars prochain. Le mois de mars sera décisif pour le hockey belge. En cas de qualification pour les Jeux et de scission, le maintien qualitatif de notre équipe sera assuré. Si nous n'obtenons ni l'un ni l'autre, le hockey belge entrera dans une phase végétative, qui ne sera pas forcément pour déplaire à beaucoup de ses pratiquants actuels, mais s'avérera désastreuse à long terme.

Et si l'on obtient l'un et pas l'autre ?

Si nous nous qualifions sans nous scinder, le coup aura toutes les apparences d'un «one shot» : le problème sera de continuer sur le même rythme alors que le COIB, qui nous a remarquablement aidés jusqu'ici, ne pourra plus continuer à faire de même. Et le manque de visibilité du hockey belge empêche de combler cette lacune par le biais de sponsors «traditionnels»...

En revanche, si nous nous scindons sans nous qualifier, il est possible que nous puissions continuer à nous préparer dans des conditions similaires aux grandes compétitions, et rester compétitifs.

Une qualification populariserait le hockey belge; mais que ferait-il avec un afflux de joueurs supplémentaires ?

Elle serait surtout particulièrement bienvenue pour attirer l'attention des médias néerlandophones, qui renâclent. Elle pourrait aussi amener un grand développement des régions où le hockey n'est pas encore solidement implanté mais dispose d'un grand potentiel, comme les deux Flandres et le Limbourg. Il faut créer d'autres centres de hockey que l'axe Bruxelles-Anvers, qui sature.

Un pronostic ?

Il y a 4 ans, j'étais optimiste. Je le reste. Un bon match contre l'Inde pourrait nous ouvrir les portes de la 2e place...

Retrouvez toute l'actualité de l'équipe nationale dans le dossier de lalibre.be «Objectif Athènes 2004»

© Les Sports 2004