ENTRETIEN

La carrière de Marc Coudron s'est arrêtée net samedi dernier, peu après 14 heures, avec le stroke croqué par Zoulou Brulé qui mettait fin aux rêves belges d'aller aux Jeux. Celui qu'on surnomme amicalement Coco a tourné la page, comme il l'avait annoncé. Définitivement, s'il faut l'en croire. Et sans regret, même s'il termine sur une note particulièrement amère. «Cela fait cinq jours que nous sommes éliminés, et je n'arrive toujours pas à trouver une explication rationnelle. Quand on revoit ce match, on a l'impression qu'une puissance supérieure avait décidé que nous n'irions pas aux Jeux. Je compare ce match à un autre, tout aussi dramatique: le fameux Belgique-Angleterre à la Coupe du monde de foot en 1990, et le but assassin de Platt dans les arrêts de jeu.»

Mais Marc Coudron relativise: «J'avais dit avant le tournoi que si nous n'allions pas aux Jeux, je n'aurais pas de regrets, parce que nous avions fait tout ce qui était en notre pouvoir pour y aller. Et je n'ai pas changé d'avis. Jamais je n'avais évolué dans une équipe aussi soudée, aussi forte tactiquement, mentalement et physiquement. Le seul regret que j'ai est de n'avoir pas cinq ans de moins et de devoir arrêter.» Justement, est-ce bien nécessaire? Coco a montré qu'il faisait toujours partie des meilleurs pendant ce tournoi. «Je pense que le meilleur d'entre nous a été Thierry Renaer, qui a été parfait. Pour le reste, personne ne se distingue particulièrement» réfute-t-il, modestement, fidèle à son image de «M.Propre» du hockey belge. «En ce qui me concerne, je suis content de ce que j'ai montré, mais je ne veux pas faire le tournoi de trop. Si je rempile pour un cycle olympique, j'aurai 38 ans. C'est un peu trop pour aller aux Jeux... Sans fausse modestie, ce groupe n'a plus besoin de moi.»

Souvenirs

Fatalement, au moment de tourner la page, les souvenirs bons et moins bons remontent à la surface. «Je me souviens de mon premier match en cadets, sur le terrain n°2 du White Star. J'avais 7 ans. Puis mon premier match en D 1, à l'Orée, contre le Daring. J'avais joué 20 minutes. Et ma première sélection en équipe nationale, à 17 ans. Ça, ce sont les grandes balises de ma carrière. Pour les meilleurs souvenirs, il y a eu évidemment Poznan, en 1993 (qualification pour le Coupe du monde, NdlR), ma sélection dans l'équipe mondiale qui affronta les champions du monde hollandais en 1999 à Alexandrie, avec Escarre, Amat, Nicol, Kunz, Dhillon, Nawawi, Leaver, Retegui... Et, cela peut vous surprendre, Madrid. Nous n'avions jamais joué à un aussi bon niveau. Parmi les mauvais souvenirs, il y a Auckland en 1991 où nous avons beaucoup gaspillé, et la Coupe du monde de Sydney en 1994. Quoique j'y aie joué à mon meilleur niveau, il faut bien dire que la moitié de l'équipe n'était pas prête physiquement pour jouer à ce rythme et n'avait fait aucun effort de préparation... C'est l'ancienne génération, ça.»

Comment Marc Coudron voit-il l'avenir du hockey belge? «Tout le monde, y compris Dennis Dijkshoorn, doit continuer. Giles Bonnet est un coach remarquable. Il sait où il va mais est à l'écoute des joueurs et sait déléguer à ceux qui le méritent. Tout le staff est d'excellente qualité, il nous a amenés à notre pic de forme au bon moment. En ce qui me concerne, je vais me consacrer davantage à ma petite famille (le petit Maxime aura bientôt un frère ou une soeur en juin prochain, NdlR), à mon boulot et à d'autres sports, tennis, squash, auxquels j'ai dû tourner le dos, contraint et forcé...»

© Les Sports 2004