On le sait depuis longtemps : le championnat en salle est le parent pauvre de la Fédération. Agencée dans un calendrier où stages de l'équipe nationale, examens et vacances lui font une forte concurrence, cette compétition est à la recherche de crédibilité. Un de ses problèmes majeurs concerne l'arbitrage. Par manque d'effectif, celui-ci est souvent orchestré par... des joueurs. "Jusqu'il y a 5, 6 ans, nous faisions appel à des arbitres nationaux , explique Adrien Peters, président du Comité salle. Mais ceux-ci, pour la plupart dégoûtés par l'attitude des joueurs, ont décidé de ne plus répondre à l'appel. Nous avons dû alors nous tourner vers les clubs afin que ceux-ci amènent leurs propres arbitres qui sont souvent des joueurs."

Qui s'est déjà rendu sur un terrain de hockey a pu se rendre compte de la difficulté qu'éprouvent des arbitres expérimentés à tenir en main une partie... Alors imaginez un joueur peu rodé à cet exercice dans un environnement plus petit et donc encore plus propice aux remarques déstabilisantes. Thomas Van Den Balck, qui a connu quelques soucis avec les joueurs du White Star dimanche passé, nous l'expliquait : "Certaines équipes jouent une grande partie de leur saison sur cette compétition et la pression sur les arbitres est accentuée. Il ne faut surtout pas se laisser intimider, même si pour certains par le simple fait que nous soyons joueurs, nous favorisons de toute façon l'une ou l'autre équipe." L'intégrité des joueurs-arbitres n'est certainement pas à mettre en cause. La situation est cependant plus délicate que pour un arbitre "normal". Un joueur peut aisément être suspecté d'avoir des intérêts directs ou indirects dans le résultat d'une autre rencontre. De plus, du fait de son inexpérience, de sa jeunesse, ou de son "copinage" avec d'autres joueurs, il a tendance à recevoir des contestations, voire des insultes souvent plus prononcées. "C'est clair que par ces facteurs, il a dès l'entame de la rencontre moins d'autorité sur l'ensemble des joueurs", renchérit Adrien Peters. "Pour moi, le problème vient aussi du fait que certains joueurs-arbitres sont forcés par leur club à arbitrer et n'ont aucune motivation pour le faire, explique pour sa part Philippe Verdonck, le coach du White Star. C'est déjà assez compliqué comme cela, mais si en plus la motivation n'y est pas..."

"Nous tournons un peu en rond"

Un autre problème vient des règles mêmes du hockey "indoor", sensiblement différentes de celles sur gazon. Pour Adrien Peters, c'est un autre sport. "Un bon arbitre sur gazon n'est pas forcément aussi performant en salle, et vice-versa". La formation, indispensable pour connaître tous les aléas de la salle, ne semble toutefois pas passionner les clubs. "Nous avons organisé des séances pour apprendre les rudiments de l'arbitrage en "indoor", mais 6 personnes seulement se sont présentées et la formation a été annulée..."

Il n'existe pas de solution à court terme selon Adrien Peters. "Nous tournons un peu en rond pour l'instant, mais nous ne perdons pas espoirs. Nous avons une nouvelle génération intéressante d'arbitres sur gazon et peut-être que parmi ceux-ci, certains se trouveront une vocation pour l'indoor." La salle les accueillera à bras ouverts...