ENTRETIEN

Champion successivement avec les dames de Louvain, l'Orée en salle, Woluwe en D 3, les dames de l'Orée en D 2 et maintenant les messieurs de l'Orée en D 2 également, Patrick Hermans est un coach qui apporte le succès partout où il passe. Personne n'a oublié le parcours de l'Orée il y a 3 ans : après avoir dominé le championnat de la tête et des épaules, sa chevauchée s'arrêta abruptement en demi-finale contre le Dragons avec deux buts encaissés dans les deux dernières minutes.

Aujourd'hui pourtant, cet ancien gardien de but qui officia entre autres au Monty, au Primerose et à l'Orée en a assez. «Je ne suis plus en phase avec le monde du hockey» nous explique-t-il. «Cette saison a été vraiment très dure. Au début du championnat, il fallait tout reconstruire avec des joueurs qui n'y croyaient pas. On m'avait promis des renforts argentins, l'affaire a foiré. Malgré cet échec, on a fait un parcours d'enfer. 22 points au premier tour avec des tas de blessés, 25 au deuxième. Mais il n'y a pas que le titre. Il y a aussi la satisfaction de gérer un groupe, et ça, ça devient de plus en plus difficile avec les jeunes. Je suis sans doute un coach trop exigeant, je mets la barre trop haut. Pour arriver à faire ce que je veux, je dois me faire beaucoup trop d'ennemis. C'est ingérable».

Égoïstes

Et cet ancien professeur de tennis, qui fut B 0, de poursuivre :

«Le hockey suit le chemin du tennis, c'est un sport d'égoïstes. Des joueurs qui laissent tomber leur club au moment décisif parce qu'ils privilégient leur carrière avec une équipe nationale, c'était inimaginable il y a 10 ans. Je constate aussi que les arbitres, excepté en D 1, sont de plus en plus mauvais. Quand je vois la somme d'efforts que doit déployer un coach à longueur d'année, et qu'il n'a pas droit à l'erreur sous peine d'être viré, je ne supporte plus de voir des matches littéralement bâclés par des arbitres incompétents».

N'existe-t-il donc plus aucune chance de revoir Patrick Hermans au bord d'un terrain ? Pas totalement sûr. «Si je voulais encore être coach, ce serait dans un club qui a un objectif à moyen terme, avec des joueurs qui en veulent et qui sont prêts à écouter, qui ne s'imaginent pas qu'ils ont inventé le hockey. Mais je ne suis pas sûr que ça existe encore». Avis aux amateurs.

© Les Sports 2004