Le Racing a probablement conclu le meilleur transfert de la saison en recrutant Andrin Rickli, jeune joueur suisse qui a percé au plus haut niveau dans un pays où c’est surtout le hockey sur glace qui est roi. A seulement 22 ans, l’ex-joueur de Cologne a déjà un palmarès bien rempli. En 2012, il atteint la finale du championnat allemand avec son club avant de remporter le titre l’année suivante. 2013 est aussi pour lui l’année du sacre européen en salle, face à un certain Racing, qu’il a depuis rejoint. Au plus grand bonheur de ses dirigeants.

Et si c’est le défi sportif qui l’a attiré en Belgique, c’est aussi l’ambiance conviviale du hockey belge et du Racing qui l’a convaincu de faire ses valises. "Je me sens vraiment bien, le club est très familial. Cela change beaucoup de l’ambiance disons… très allemande de Cologne." Une mentalité plus individualiste, à l’opposé du collectif affiché par les Rats cette saison. Et lorsque tout va bien sur le terrain, plus facile de faire la fête après les matchs. "On a tous à peu près le même âge dans l’équipe, donc c’est bien plus facile de faire la fête qu’à Cologne, où il y a beaucoup de joueurs qui travaillent, qui ont des enfants…"

Au Racing, il a rejoint un noyau plus jeune, avec à la clé, plus de responsabilités. "J ’ai un rôle plus important ici, je peux donner des conseils, faire parler mon expérience. A Cologne, j’étais plus vu comme un jeune et je n’avais pas beaucoup à dire. En même temps, c’est difficile d’engueuler un joueur qui a déjà gagné deux fois les Jeux olympiques", dit-il en rigolant. Un changement qu’il estimait nécessaire pour poursuivre sa carrière, débutée il y a plus de quinze ans du côté d’Erlach, sa ville natale.

Une histoire de famille

Comme beaucoup de hockeyeurs, c’est en famille qu’Andrin a manié son premier stick. A l’âge de cinq ans, il réalise ses premiers dribbles avec son frère et son père, lui-même ancien joueur de hockey. "Il y avait plein de sticks dans le garage. Mon frère et moi, nous étions curieux et nous voulions essayer. Mais il n’y avait pas de club dans la ville, donc mon père m’a dit d’amener sept copains pour faire un premier entraînement."

Quelques jours plus tard, le petit groupe d’amis devient une équipe, si bien que son père décide de créer un club, "Piranhas". Un club qu’il ne quittera pas jusqu’à ses 18 ans, lorsqu’il fait le grand saut vers un des plus grands clubs d’Allemagne, Cologne. "Le sélectionneur U18 suisse m’a proposé de faire une semaine de test là-bas. C’était mon rêve de jouer dans un grand club. Donc quand ils m’ont proposé de les rejoindre, je n’ai pas hésité, même si c’est vrai qu’au début ce n’était pas facile. Je passais du plus petit club de Suisse à un des plus grands d’Allemagne."

Pourtant, son intégration sur le terrain se fait très rapidement. Après seulement deux matchs en équipe B, il fait déjà ses premiers pas en équipe première. Et avec succès puisqu’il sera presque systématiquement titulaire pendant le reste de la saison. "Il fallait se battre pour avoir sa place, ce n’était pas évident. Les joueurs me taquinaient en disant : Ah ils jouent au hockey en Suisse ?", explique-t-il avec le sourire.

Après une deuxième année en équipe fanion, qui le verra atteindre la finale du championnat allemand, le Racing s’intéresse à lui et le contacte. Un an plus tard et le titre de champion d’Allemagne en poche, Andrin rejoint finalement les Ucclois. "Tout le monde est vraiment sympathique. Les supporters te félicitent, s’intéressent à toi. Et puis il y a aussi les Ultras, c’est un public vraiment incroyable !"

Quelques mois plus tard, il fait déjà partie des meilleurs défenseurs de notre championnat, qu’il estime en pleine progression, même s’il reste plusieurs choses à perfectionner. "Il y a moins de concurrence en Belgique qu’à Cologne. Là-bas, il y a chaque semaine vingt-cinq joueurs qui peuvent avoir leur place. Il faut se battre pour rester dans l’équipe et cela t’oblige à toujours rester au top. Par contre physiquement, l’entraînement est plus dur au Racing même si dans les duels, on est encore des ‘softies’ ", rigole-t-il.

Loin d’être un mercenaire, Andrin Rickli a signé un contrat de deux ans avec le Racing et pourrait bien rester quelques années en Belgique, avec déjà pas mal d’objectifs en tête. A commencer par le titre à l’extérieur, la priorité de son équipe. Avant cela, il se voit bien rafler la mise en salle avec un titre national et européen, qu’il disputera en février à East Grinstead.

"Le but est d’arriver en finale et évidemment de la remporter." Un autre trophée qu’il rêve de soulever, c’est celui de l’EHL. Mais il lui faudra d’abord battre ses anciennes couleurs, Cologne, en huitièmes de finale. "Ce sera un match spécial mais si nous arrivons à les battre, tout est possible pour la suite."

Futur Red Lion ?

L’occasion pour lui d’effacer le mauvais souvenir de l’édition précédente, où le Dragons avait battu Cologne en demi-finale au terme d’une terrible séance de shoot-out.

Mais comme tout hockeyeur, son véritable rêve, c’est de participer aux Jeux olympiques. Malheureusement pour lui, la Suisse n’a aucune chance ou presque de se qualifier dans un futur proche. C’est d’ailleurs une des raisons qui l’a poussé à stopper l’aventure avec l’équipe nationale suisse, il y a deux ans. Avec secrètement l’espoir qu’un jour une nation fasse appel à lui pour disputer les JO. Andrin Rickli, futur Red Lion ? "Je n’ai pas encore reçu de demande, mais, oui pourquoi pas ? On ne sait jamais", réplique-t-il en souriant.