Quinze semaines de suspension! C'est le tarif, extrêmement rare dans l'histoire du hockey belge, qui avait été infligé en fin de saison dernière à Robin Geens pour excès verbaux et voies de fait sur arbitre. En prononçant cette sanction, le comité de contrôle désirait marquer le coup une fois pour toutes, face à un joueur qui comparaissait bien trop souvent devant lui à son goût.

Il y a dix jours, à l'Héraklès, Robin Geens a de nouveau foulé les pelouses de division I en compagnie de l'équipe fanion. S'il n'a pas marqué, il a au moins tenu sa place, ce qui n'était pas évident après une aussi longue traversée du désert. «Depuis des mois, je m'entraînais avec le groupe, mais il fallait se résigner tous les dimanches à suivre le match depuis la tribune. C'est à la fois frustrant et culpabilisant quand l'équipe tourne mal, ce qui a été le cas au premier tour. J'ai cependant senti beaucoup de solidarité au sein du groupe. Le club m'a bien soutenu, mon père aussi. Cela m'a beaucoup aidé à revenir dans le parcours» raconte l'«enfant terrible» des Merles.

Une saison marquée aussi par la démission de son coach de père. Pas facile à vivre non plus? «Mettons que cela n'a évidemment rien à voir avec ma suspension. Je crois que l'équipe a accusé le coup des deux finales consécutives perdues. La préparation a été chaotique, on jouait beaucoup moins bien que les saisons précédentes et le message, sans doute, ne passait plus. Je crois que mon père a pris la décision qu'il devait. Cela dit, il reste un grand supporter de l'équipe première et à présent, il revient voir les matches». Quinze semaines, c'est un peu comme une peine de prison: une bonne occasion de réfléchir et, qui sait, de repartir du bon pied. Robin n'est pas resté les bras croisés pendant tout ce temps. «Il est clair que désormais on m'attend au tournant. A la prochaine carte rouge, je peux aller jouer au Pérou. J'avais l'occasion d'aller jouer une saison à Tilburg avec mon pote Gilles Petre, mais alors je ne pouvais plus rejouer en Belgique cette saison. Alors j'ai décidé de rester au pays et de suivre des séances de sophrologie, sur le conseil de Luc Evers, le kiné de l'équipe nationale. Pour un caractériel comme moi, ça soulage et permet d'aborder les matches de façon beaucoup plus calme. Et ce n'est pas seulement bon pour le hockey...»

Pas favoris

Avec six points sur six, Uccle est la seule équipe à avoir fait le plein depuis la reprise. Alors, cette saison pénible pourrait-elle connaître une «happy end »? «Nous sommes actuellement plus près du premier barragiste que du premier qualifié pour le play-off. Il est donc logique que nous regardions derrière nous. Cela dit, nous recevons Waterloo dimanche prochain. Nous sommes à six points. En cas de victoire, nous revenons à trois points et tout serait alors possible. L'équipe est beaucoup plus sereine qu'en début de saison. Etienne Tys, qui nous connaît par coeur, a remis les points sur les i chez beaucoup de joueurs. Nous ne nous fixons aucun objectif actuellement: le rôle de favori, à l'évidence, ne nous convient pas».

© Les Sports 2003