Entretien

Au début, j’avais annoncé que je serais un président de transition", aime à se rappeler Jean-Pierre Speleers, qui va commencer sa 6e année à la tête du Dragons. "J’aimerais que ce soit la dernière et pouvoir retourner dans l’ombre par la suite. La gestion d’un club comme le nôtre est un travail d’équipe et nous en avons une excellente. Il y a une Société anonyme, présidée par Hans Borstlap, qui s’occupe de nos activités Horeca, et une ASBL qui gère le sportif. Les gens qui m’entourent sont proactifs et excellents décisionnaires. Je suis la façade du club, mais je ne serais rien sans eux."

Jean-Pierre Speleers, qui fut un excellent président du Comité d’arbitrage après avoir été un arbitre couronné, revient sur le 7e titre décroché par son club de toujours. "Plutôt qu’à une épithète, je pense surtout à un substantif : le travail", explique-t-il. "En finale, les deux équipes avaient des mérites égaux. Si le Racing avait été champion, personne n’aurait pu crier au vol. Par contre, l’ensemble de la saison est légèrement - restons humbles - en notre faveur."

Le président du Dragons, club rompu s’il en est aux mises sur pied d’événements et qui n’a jamais déçu dans ce rôle, tire son chapeau à son concurrent malheureux pour sa parfaite organisation. "Il y a difficilement moyen de faire mieux et j’ai d’ailleurs félicité Tom François et son équipe pour leur professionnalisme. Ils ont une bonne vision sportive et font la part belle aux valeurs familiales et à l’éducation."

Retour à Brasschaat où on a l’habitude de ne pas attendre qu’une échéance, sportive ou financière, se produise pour envisager l’avenir. Pour l’instant, le club est engagé dans un "plan 2020" dont l’énoncé est déjà un gage d’ambition. Au menu, un troisième terrain, et peut-être un quatrième. "Cela va dépendre de ce qu’on va récolter comme subsides. C’est une partie de mon rôle et je m’y emploie activement", explique Jean-Pierre Speleers, qui avoue avoir déjà été approché par... trois partis politiques pour rejoindre leurs rangs. Trois fois, il a poliment refusé : la politique, ce n’est pas pour lui même si des politiciens, il en voit toute l’année.

Une vision à long terme n’empêche pas qu’on puisse de temps en temps se fourvoyer. Avec l’acquisition des Néo-Zélandais et autres joueurs non européens, le Dragons avait manifestement fait fausse route, mais il a corrigé le tir il y a deux saisons en axant son recrutement sur les jeunes internationaux belges. Avec un succès immédiat. "Plusieurs clubs nous imitent maintenant", sourit Jean-Pierre Speleers. "Matthew Cobbaert et Arthur Van Doren, qui a à peine 16 ans, mais aussi Manu Stockbroeckx, sont l’illustration de notre politique de jeunes qui porte ses fruits. De plus en plus souvent, nous plaçons des équipes d’âge dans le play-off de leur catégorie et nous voulons leur faciliter le passage en équipe première. C’est ainsi que nous ne comptons pas transférer de joueur spécifique pour remplacer Timo Bruinsma et Christophe Yekeler, qui nous quittent. Rayon coach, on sait depuis longtemps qu’Eric Verboom prendra la succession de Colin Batch."

Le président se félicite de la nouvelle réglementation qui refusera les étrangers munis d’un passeport touristique. "Ainsi, tout le monde est sur un pied d’égalité. J’avais suggéré que la fédé aide les clubs, et elle l’a fait grâce à un excellent travail de fond de Me Van Doosselaere, du Beerschot. En attendant que les politiciens légifèrent sur un statut de sportif semi-professionnel, ce qui semblerait sage, les clubs sont obligés de rester dans la légalité. Ce n’est quand même pas plus mal !"