entretien

A l’heure où dans le football il n’est question que de tranferts juteux, de changements de club en cours de saison et de mercato hivernal, le hockey demeure un sport où l’esprit de club existe. Un exemple frappant parmi d’autres : Tchouk Truyens, le capitaine du Racing (Jérôme pour l’état civil, mais pour l’état civil uniquement). A 21 ans, ce jeune homme bien sous tous rapports est déjà une valeur sûre de notre hockey, comme en témoignent les environ 120 capes qu’il a déjà endossées. Courtisé par bien des clubs, il est toujours resté fidèle au Racing, qui l’a pratiquement vu naître. Et cette fidélité paye aujourd’hui, puisque les "Rats" sont, à la surprise générale, 3es du championnat. La recette du succès ? "Il y a tout d’abord le changement dû à un nouveau coach, Marcelo Orlando. Vous ne m’entendrez jamais critiquer mon coach de toujours, Luc Melotte, mais il fallait faire place à de nouvelles idées. Il y a ensuite nos deux transferts, qui se révèlent très performants. Eugenio Paulon est notre véritable maître à jouer, et sa présence me permet de prêter main forte à Gaby Garreta et Lucas De Mot à l’avant. L’équipe est bien équilibrée et des jeunes dont on ne parlait jamais ont recommencé à progresser, comme Nils De Keyser ou Charles Feron", analyse le capitaine. "Il y a aussi que nous avons eu un calendrier favorable : à l’exception de l’Old Club, nous avons accueilli toutes les équipes de la deuxième moitié du classement. Et nous avons fait le plein. Les matches retour risquent d’être plus difficiles, car nous recevrons les bons, nous irons en déplacement chez les autres et nous ne bénéficierons plus de l’effet de surprise. Les gens commencent à se méfier de nous."

La saison dernière, on attendait précisément une percée du Racing, mais le club avait à ce moment cruellement déçu ses supporters, ne remportant pas le moindre match au premier tour du championnat. "Il y avait alors quelques problèmes de communication. Quelques joueurs ne comprenaient pas pourquoi ils ne jouaient pas, et ne s’engageaient plus à fond. L’équipe manquait aussi de confiance. Aujourd’hui, avec Marcelo, tout le monde sait où il va : on sait qu’il change peu de joueurs, et ceux qui en ont assez de rester sur le banc peuvent demander d’avoir du temps de jeu en deuxième équipe. Et il sait très bien utiliser les Garreta, par exemple, qu’il connaît par cœur."

Reste qu’il faudra aller chercher cette équipe du Racing desormais solidement accrochée à sa 3e place. Le "Top 4" en fin de saison, ce serait magnifique ! "Soyons francs, personne ne s’imaginait terminer aussi haut. Mais ça m’arrange bien. Jusqu’ici je rêvais d’être international et d’aller aux Jeux, tout cela s’est réalisé. On va aussi jouer la Coupe d’Europe en salle en février, tout le monde en parle ici, ce sera un événement qui fera date dans les annales du club ! Alors, pourquoi pas un play-off ?"

Tchouk a encore d’autres ambitions. "Je voudrais continuer à jouer le plus longtemps possible en équipe nationale, en tout cas jusqu’aux Jeux de 2012, et mon objectif personnel est de battre les 358 capes de Coco Coudron. Il y a encore du chemin avant d’y arriver : tout dépendra de comment je pourrai combiner à la fin de mes études, dans deux ans, le travail et le hockey..."