Avant la fin du play-off, Tom Boon avait déjà lié son destin avec le très réputé club de Bloemendaal, un “top team” du championnat le plus huppé au monde. Avant de filer outre-Moerdijk, le prodige du Racing, formé à Uccle Sport, a sorti des prestations très remarquées lors des Championnats d’Europe.

A 23 ans, ce pur attaquant, qui a gagné en maturité au Racing et en hygiène de vie avec Marc Lammers, éclabousse de son talent la Eredivisie.

Partagé entre ses obligations pour l’équipe nationale à Boom et celles pour son club de Bloemendaal, il ne compte plus les kilomètres parcourus. Il les empile aussi vite que les buts. En sept matches, il a fait trembler les filets à 11 reprises dont 3 la semaine passée. Ce beau bilan le place en tête du classement des buteurs en compagnie de Mink van der Weerden (Oranje Zwart).

Tom Boon, vos statistiques sont excellentes. Vous jouez plus ou moins une heure par match tout en alimentant votre compteur de buts à grande vitesse. Une adaptation en toute décontraction ?

Je n’ai pas à me plaindre. Tout se déroule parfaitement.

Comment s’organisent les schémas offensifs de Bloemendaal ?

Nous jouons à trois en attaque. J’évolue autant sur les deux flancs qu’au centre. Nous sommes 5 attaquants pour les trois places. La concurrence est rude, mais je me débrouille bien. Le coach me fait confiance. Je suis même numéro un pour tirer les pc.

Après 7 matches, quelles leçons tirez-vous sur le niveau de ce championnat ?

Tous les matches doivent être joués. Aucune équipe ne peut être qualifiée de faible. Si Bloemendaal n’évolue pas à 100 %, l’équipe peut perdre contre les moins bien classés. Une erreur se paie cash.

Une grande différence par rapport à la Belgique ?

Je dirais que la Eredivisie se rapproche du niveau des équipes nationales. Les clubs belges doivent encore grandir. Le Racing pouvait gagner contre de modestes adversaires sans jouer à 100 %.

Tenez-vous le rythme au niveau physique ?

Je suis impressionné par l’intensité, même aux entraînements, qui ne sont basés que sur des schémas de match. Il n’y a plus de place pour les petits exercices. Les matches se jouent à 100 % durant 70 minutes. En Belgique, je pouvais parfois lever le pied.

Ressentez-vous la pression du public ou des médias ?

Les supporters se déplacent surtout pour les grandes affiches. Et les médias ? Je reçois des demandes d’interview, mais la situation est parfaitement gérable. Je ne suis pas l’attraction.

On vous sent modeste. Que voulez-vous améliorer dans votre jeu ?

Je marque facilement contre les petites équipes. J’aimerais être plus efficace contre les adversaires directs.

D’autant plus que Bloemendaal ne figure pas dans le Top 5 au classement. Parfum de crise ?

Je ne parlerais pas de crise. Bloemendaal est toujours très attendu. Nos adversaires sont très motivés. Nous sommes en sixième position, mais les écarts sont minimes.

Quel est le visage de la Eredivisie ? Y a-t-il beaucoup de joueurs venus de l’étranger ?

Je dirais, en moyenne, qu’il y en a entre deux et trois. A Bloemendaal, nous sommes trois.

Trois avec entre autres votre ami Simon Gougnard…

Il réalise aussi un bon début de saison. Dans l’entrejeu, il apporte toujours le danger vers l’avant grâce à sa vitesse.

Regardez-vous encore le championnat belge ?

Un peu. Je sais que le Léo ne tourne pas bien. Le Watducks s’en sort avec un sans-faute sans jouer son meilleur hockey. Le Racing est fidèle à son image. Tous les dimanches, je les appelle. Je lis un peu la presse. Je sais tout ce qui s’y passe.

La Belgique vous manque-t-elle ?

J’y suis souvent. Du lundi matin au mercredi soir, je me consacre entièrement à l’équipe nationale à Boom. Le trajet dure trois heures. Avec Simon, nous habitons à une demi-heure du terrain de Bloemendaal dans une maison louée par le club. Nous effectuons de nombreuses sorties à vélo.

Tom Boon, qui a joué avec un brassard noir en hommage à son oncle décédé, dispute en moyenne 60 minutes par match. Une très belle performance vu la concurrence en attaque à Bloemendaal.