Stéphane Moraux, «Noun» pour les intimes, a une fois encore crevé l'écran dimanche dernier, en sauvant un certain nombre de buts «tout faits» contre le Waterloo Ducks. C'est un secret de polichinelle que l'équipe nationale voudrait s'attirer ses services, mais le gardien ucclois a deux gros problèmes en ce sens: son magasin de vêtements qui lui prend pas mal de son temps et... une hernie discale, qui l'empêche de s'entraîner comme il le voudrait. Petit tour d'horizon de ce que pensent de lui les acteurs qui sont amenés à le fréquenter sur les terrains...

Jacques Van den Balck, son président de club: «A l'heure actuelle, «Noun» est indispensable à Uccle Sport. C'est un grand joueur qui, de plus, a toujours été fidèle à son club. Il est dommage pour le hockey belge qu'il ne puisse pas jouer en équipe nationale, car chez lui, tout est inné, alors que d'autres doivent bosser ferme pour atteindre son niveau. Mais ses problèmes sont connus: son boulot et son dos. Cela fera sans doute beaucoup pour jouer en équipe nationale.»

Etienne Tys, son coach: «Cela fait des années qu'il joue particulièrement bien. Je compte qu'il sauve chaque saison entre 10 et 13 points. Il génère chez l'ensemble des attaquants adverses un sentiment de profond respect. La question que je me pose, et je ne suis pas le seul: pourquoi diable n'est-il pas nominé au stick d'or? Si l'un des critères de nomination est de jouer pour l'équipe nationale, alors pourquoi Juan Garreta est-il nominé? On ne va pas en faire un fromage, mais la reconnaissance du milieu du hockey ne lui ferait certainement pas de tort, tant ses prestations sont vraiment exceptionnelles.»

Olivier Stoupel, son libero: «Cela fait pas mal d'années que je joue avec lui, on a commencé en D 2! A Uccle ses deux dernières saisons ont été les meilleures, il nous sauve très souvent. C'est phénoménal quand on voit le peu d'entraînement dont il a besoin. L'ennui c'est que ses problèmes de dos ont tendance à empirer: cette saison-ci il n'est pas venu à l'entraînement.»

Maxime Luycx, son adversaire dimanche: «Ce n'est pas compliqué, c'est le plus doué et le meilleur en Belgique. Son aisance est parfois décourageante pour un attaquant adverse. Mais «Noun» a toujours eu des problèmes physiques qui l'ont empêché de s'entraîner à plein temps. On a encore vu ce qu'il sait faire dimanche dernier: avec n'importe quel autre gardien, le score n'aurait pas été de 2-0 pour Uccle Sport.»

Patrick Serruys, directeur de l'équipe nationale: «Ce n'est pas un secret, j'ai failli obtenir son accord l'an dernier et je suis toujours en contact avec lui. C'est mon souhait, celui de Giles Bonnet et de toute l'équipe, mais tant qu'il ne s'entraîne pas, ce n'est pas possible. Nous allons le confier aux médecins du COIB pour voir s'il est possible de le soulager et nous agirons en fonction de ce qu'ils diront.»

© Les Sports 2005