Entretien

On en parle encore à Uccle, du titre de notre dossier d’avant-saison. La page consacrée à Uccle était barrée du titre "Des Merles pour le chat ?" (notez l’emploi du point d’interrogation) qui fit grand bruit à l’époque. Mais toujours est-il que les Merles furent lents à nous démentir, commençant par un spectaculaire 0 sur 39 avant de se ressaisir quand tout semblait fini. Depuis lors, ils ont pêché 4 victoires en 8 matches, toutes en déplacement (!) et avant d’aborder la dernière journée, même s’ils n’ont plus leur sort en main, ils peuvent mathématiquement encore prétendre au maintien via barrages. Nous avons demandé au nouveau capitaine ucclois, Alaric Dekelver, de nous fournir la clé du décodeur.

"Nous venons de division I avec une équipe relativement limitée, qui ne comporte aucun nom ronflant. En outre, notre coach australien nous a longtemps fait jouer... à l’australienne. C’est un bon système mais il faut les joueurs qui vont avec, et ce qui est possible au Dragons ne l’est pas forcément chez nous. Nous l’avons réadaptée à la mi-saison, nous quadrillons beaucoup mieux le terrain et tout le monde comprend ce qu’il doit faire. Et depuis lors, à part les équipes du Top 5, nous pouvons battre tout le monde" explique cet étudiant en communication à l’ULB, qui se verrait bien journaliste dans l’avenir. "Notre plus gros problème, c’est notre terrain crapuleux. Même si nous sommes censés être habitués, on ne peut vraiment pas jouer sur un champ de patates pareil. Sur un bon terrain, notre jeu s’accélère et il y a beaucoup moins de déchet technique."

Le malheur, c’est qu’il faudra bien, pour se maintenir, conquérir au moins... un premier point à domicile, et de préférence trois ! Une onzième défaite à domicile serait synonyme de descente immédiate, et ce contre une équipe de l’Antwerp qui avait démoli les Ucclois, 8-2, juste avant la trêve. Alaric s’en souvient très bien : "Ce match était le quatrième en une semaine, et pour nous c’était vraiment le match de trop. On l’a bâclé, je ne prends pas ça comme référence. Et l’enjeu est totalement différent. Ils sont désormais rassurés sur leur sort, ce qui peut être un point positif. Cela dit, ils ne vont pas nous offrir la victoire en cadeau, il va falloir aller la chercher !"

Le problème d’Uccle est aussi celui de la plupart des équipes "ascenseur" : en cas de descente beaucoup de joueurs s’en vont, et il est difficile de les récupérer après être remonté. "Il ne suffit d’ailleurs pas d’investir 150 000 euros dans des joueurs compétents, mais de construire une équipe sur le long terme, bâtie de préférence autour de joueurs belges, sinon le groupe manque souvent de cohésion. Nous sommes plus une équipe de copains qui prennent plaisir à jouer ensemble, et je pense que ça s’est vu dimanche." pense Alaric.

Même quand Uccle totalisait 0 sur 39 ? "Oui, même alors. On est restés soudés, on s’entend bien sur et en dehors du terrain et les victoires nous ont évidemment rapprochés".

Elu capitaine en cours de saison, Alaric (roi des Wisigoths qui fut le premier en 8 siècles à prendre Rome et à la mettre à sac en 410, marquant ainsi le début de la fin de l’empire romain d’Occident - voilà pour la note historique) analyse d’un trait la saison de ses troupes : "Il est clair que le point perdu au Beerschot en dernière minute, sur un stroke qui n’en était pas un et qui en plus a été sifflé par le parrain de mon petit frère - comme quoi les amitiés ne jouent pas au hockey - risque de nous coûter très cher. Avec un point de plus nous serions en train de nous maintenir. Mais ce qui coûte cher aussi c’est le nul du Daring au Racing, un résultat difficilement compréhensible et qui risque d’ailleurs de coûter très cher aux Rats."

Que fera le nouveau capitaine au cas où les choses tourneraient mal dimanche, ou même plus tard en barrages ? "J’ai toujours été très clair là-dessus : s’il existe un projet pour remonter et que les trois quarts de l’équipe restent ensemble, je reste. Mais je veux un challenge et un encadrement compétitif. C’est la première année que je m’amuse sur le terrain en division d’Honneur (je n’ai pas pu profiter de ma saison au Beerschot il y a deux ans suite à une blessure au genou) et j’adore mon équipe. Si les résultats pouvaient suivre, je serais le plus heureux des hommes."

Uccle Sport n’est pas mort. Et ça rime...