Éclairage

Le chemin de la Coupe du monde n’a jamais été planté de roses pour notre équipe nationale. Dans l’histoire du hockey moderne, elle y est parvenue exactement deux fois.

La première c’était en 1993, à Poznan, dans ce qui s’appelait encore la Coupe Intercontinentale (aujourd’hui rebaptisée World Cup Qualifier et subdivisée en trois poules). Les Belges y forcèrent leur qualification aux strokes, contre la Malaisie, après avoir souffert mille morts en cours de match. Menés 1-3 au repos, ils ne purent que bénir le ciel qu’un Malaisien tout seul devant Michel Van Oost en début de seconde mi-temps expédie la balle aux fraises. L’histoire a cruellement repassé les plats à l’envers dimanche soir puisque cette fois c’étaient les Belges qui menaient 3-1 et oublièrent de faire 4-1 juste avant d’encaisser un but qui remit tout en question. Stroke ou pas ? Difficile de se prononcer mais cela fait partie du jeu; quand on joue un match décisif devant 4000 spectateurs vociférants, il ne faut pas s’attendre à autre chose.

En 2001, à Edimbourg, les Belges se qualifièrent également pour le Mondial mais ce fut un petit miracle puisqu’ils frôlèrent l’élimination au 1er tour. Il fallait que la France ne batte pas le Bangladesh 5-0 tout en menant déjà 4-0 à la pause

Bref, le problème est récurrent : le championnat d’Europe, le plus fort du monde, ne laisse qu’un quota réduit de qualifiés directs, alors que l’Argentine ne doit battre que le Canada (ce qu’elle n’a pas réussi à faire, deux fois de suite) et l’Afrique du Sud ne doit se mesurer qu’à l’Egypte. Après cela, il faut passer par des matches à élimination directe

"La défaite fait partie du sport, il faut l’accepter" opine le président fédéral (et recordman de sélections nationales) Marc Coudron. "Ce n’est pas une raison pour remettre en question la politique menée depuis plusieurs années et en particulier le travail du coach qui est unanimement apprécié. Ce qui serait bien, c’est que les anciens de l’équipe nationale ne l’abandonnent pas trop vite, car dans ce genre de tournoi l’expérience est irremplaçable. Nous avons une des plus jeunes équipes du monde et l’avenir nous appartient."

Précisons aussi que cette défaite ne remet rien en question de manière immédiate : contrairement à certaines rumeurs qui circulent, elle ne risque pas, par exemple, de réduire à trois le nombre de qualifiés directs au prochain championnat d’Europe pour les JO. Cela dépend du classement mondial de janvier 2011 et donc de toutes les compétitions internationales qui auront lieu d’ici là (Champions Challenge, Champions Trophy, Coupe du monde), et encore faudra-t-il y prendre en compte les résultats de toutes les équipes européennes, et non seulement ceux de la Belgique. En tant que finalistes à Quilmes, les Belges toucheront les points réservés au 13es de la Coupe du monde (ex aequo avec les deux autres finalistes malheureux) et n’ont donc pas tout perdu.