Anouk Raes a vécu l’élimination des Red Panthers pour les JO comme un moment horrible, qui lui a directement fait penser aux défaites identiques face à La Corée et au Japon lors de la World League de 2015 à Brasschaat.

« Je pense à toutes mes coéquipières et surtout aux anciennes : pour elles, c’est un coup de massue. C’est un projet qui tombe à l’eau en quelques minutes. Je ne parviens pas encore à réaliser : c’était impensable. »

Après la première rencontre, l’ex-Red Panthers avait une impression positive de l’équipe belge : « La Chine était nulle part, les Belges ont fait le boulot ; elles auraient dû marquer plus en première mi-temps et finalement ce but en fin de match était très nécessaire. » Par contre, le seconde rencontre a d’emblée semblé mal gérée pour Raes : « Les Chinoises étaient techniquement bien. Elles ont fait un pressing durant tout la rencontre alors que je pensais qu’elles n’allaient pas tenir la distance. Le mental chinois était excellent et le coach Huang était très positif : on était loin d’une Chine robotisée et il a fait un très bon boulot pour garder ses joueuses dans une attitude positive. »

Un stroke qui a cassé la machine belge

Tout au long de la rencontre, les Panthers ont bien défendu. Elles ont certes eu une peu de chance sur des balles très chaudes, mais elles avaient tenu le coup jusqu’à cette funeste 56e minute.
« L’arbitre a laissé jouer longtemps. En temps normal, une arbitre aurait déjà sifflé pc. Ici, c’est tout de même limite. Les Belges ont eu raison de demander la vidéo. Bon, c’est 2-1, mais à ce moment-là, on gère très mal la suite. On voit que mentalement, les filles ont pris un coup. Et dans la minute qui suit, on voit ce centre qui vient de la gauche et que personne ne prend. Il n’y a aucune pression dans le cercle. » Gerniers déviait la balle dans son propre but. « Oui, ces déviations, ça arrive souvent ; c’est avant qu’il fallait intervenir. » En revoyant le match, l’ex capitaine des Red Panthers constate que tactiquement, les Belges n’étaient pas au mieux. « On n’a pas joué en mettant une quelconque pression : on aurait dû embêter ces Chinoises beaucoup plus que ce que l’on a fait. On sentait bien qu’un but allait tomber. »
Aux shoot-out, les Belges ont réussi un 1 sur 6. « Ash (D’Hooghe) a fait un très bon boulot et elle arrêté tout ce qui était possible d’arrêter. La gardienne chinoise a fait un très bon boulot, elle était bien placée, rapide et a gardé une bonne distance avec les tireuses belges. Ambre, rien à dire ; c’était parfait. Les autres n’étaient pas là. Attention, je n’aurais pas voulu en tirer un, je félicite celles qui ont osé prendre leurs responsabilités. Mais il y a le passé qui a certainement resurgi. En match sans enjeu, on n’en avait pas souvent raté. En Pro League, on avait battu la Chine, mais ce sont des matchs sans pression ; ici, c’est complètement différent. » Raes se remémorait le drame de Brasschaat et a revécu cette catastrophe vécue par les Red Panthers. « Je suis encore abattue et il faudra du temps pour digérer tout cela. Je pensais que cela n’arriverait lus jamais et voilà que ça recommence ! »

Mauvaise gestion mentale

Il est clair que les Belges n’ont pas pu répéter leur excellente prestation de la veille. « Techniquement et physiquement, les filles sont au point et valent un top 10 mondial. Au niveau tactique, il y a certainement à dire. Mais c’est surtout au niveau mental qu’on doit trouver une solution. A la Pro League, le mental ne faisait pas partie du jeu. J’espère que ce coup d’arrêt ne va pas influer sur la suite et qu’on va continuer à investir dans le hockey féminin. Mais bon, il faudra digérer cette terrible désillusion. »
D’autant qu’il s’en est fallu de 4 minutes seulement… pour que les Red Panthers ne soient à Tokyo. C’est tout de même plus que les 34 secondes du Dragons.