Un Néerlandais chez les Pakistanais

Hockey

JEAN-FRANÇOIS JOURDAIN

Publié le

Un Néerlandais chez les Pakistanais
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ENTRETIEN

ENVOYÉ SPÉCIAL À MADRID

Le prochain adversaire des Belges est certainement l'équipe la plus forte de la poule de nos Diables. Pas seulement sur le papier : le Pakistan, actuellement cinquième nation mondiale (classement obtenu en 2002 à la Coupe du monde de Kuala Lumpur), a impressionné les observateurs lors de son match d'ouverture contre le Canada (4-2). Depuis le 1er décembre dernier, il s'est adjoint l'avis éclairé d'un des meilleurs spécialistes hollandais, Roelant Oltmans, qui emmena l'équipe batave au titre de championne du monde en 1998 à Utrecht. Nous avons rencontré cet homme qui se partage entre le Pakistan et les Pays-Bas.

4-2 contre le Canada, c'est un pâle reflet de la domination du Pakistan?

Un coach n'a jamais le droit d'être déçu lorsque son équipe gagne en marquant quatre buts. Mais je vous le concède, le score aurait pu être plus net. Quand on rate un stroke, puis qu'on se déconcentre en fin de rencontre, il ne faut cependant pas espérer davantage.

Le pc a aussi été un peu moins efficace que d'habitude?

Je ne pense pas. Sur six pc, Sohail Abbas a marqué deux buts et obtenu un stroke. Je trouve que c'est tout de même une bonne moyenne ! Evidemment, il y aura toujours des gens qui s'attendent à ce qu'Abbas marque à chaque pc, mais il est clair que ce n'est pas possible.

Qu'est-ce qui vous a amené à la tête de l'équipe pakistanaise?

Après la Coupe du monde de 1998, j'ai été un temps dans le football, comme directeur général du NAC Breda, que j'ai quitté en 2002 car les supporters me rendaient responsable de tous les maux. Après, je ne suis revenu que lentement vers le hockey, vu que je suis aussi actif dans Internet. Lorsque Klein Zwitserland m'a contacté l'été dernier, j'ai d'abord refusé. Ensuite, je me suis laissé convaincre. Puis le Pakistan a débarqué. C'est évidemment une expérience qui ne laisse pas insensible.

La vie d'un coach au Pakistan est-elle vivable? Les attentes semblent en effet y être très élevées...

Le hockey est beaucoup plus populaire au Pakistan qu'ici. C'est le sport n°2 derrière le cricket. J'ai toutefois négocié de pouvoir continuer à habiter en Hollande et de faire des allers-retours au Pakistan, ce qui soulage la pression. Dans les 3 mois qui précéderont Athènes, nous serons tout de même 11 semaines ensemble, mais je travaille par périodes. En dehors de cela, ils ont tous un programme de préparation individuel.

Les joueurs sont tous professionnels?

Dans les faits, cela revient à cela, même s'ils ont tous un boulot «officiel», à part les étudiants bien entendu. En réalité, ils travaillent quasi tous pour des entreprises d'Etat - les douanes, l'administration... - auprès desquelles ils jouissent de toutes les facilités nécessaires pour représenter leur pays. Ils sont payés par leur employeur mais l'Etat intervient au cas où les résultats sont bons, sinon pas. C'est une solide carotte au bout du bâton.

L'Inde dans la même poule, est-ce un challenge supplémentaire?

La rivalité entre les deux pays reste heureusement sportive, sans plus. Toutefois, nous nous occuperons de l'Inde lorsque nous aurons affronté la Belgique, pas avant.

Poule A: Japon - Pologne 4-4; Afrique du Sud - Espagne 1-2; Pays-Bas - Grande-Bretagne 3-0.

Le classement (tous 2 matches) : 1. Pays-Bas 6 pts (+7); 2. Espagne 6 (+6); 3. Pologne 4 (+1); 4. Japon 1 (-5); 5. Grande- Bretagne 0 (-4); 6. Afrique du Sud 0 (-5).

JEUDI

Poule B: 14h: Belgique - Pakistan. 16h: Malaisie - Inde. 18h: Canada - Nouvelle-Zélande.

VENDREDI

Poule A: 14h: Japon - Grande-Bretagne. 16h: Espagne - Pays-Bas. 18h: Pologne - Afrique du Sud.

© Les Sports 2004

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