Ce n'est pas vraiment une surprise pour ceux qui auront assisté à la débâcle du Waterloo Ducks dimanche dernier contre l'Antwerp: le club de la drève d'Argenteuil et son coach Michel Van Strydonck (aux commandes depuis le début de la saison dernière) se sont séparés à l'amiable, comme le signale un communiqué du club tombé sur les courriels en cours d'après-midi.

Visiblement, Michel Van Strydonck n'avait plus la confiance de ses joueurs. Une chute spectaculaire si l'on songe qu'au début de ce mois, après les quatre premières journées, les Canards pointaient seuls en tête de la division 1 avec 12 sur 12. Moins de trois semaines après, et 4 points sur 18 plus loin, on change l'attelage. Quelques défaites de justesse dans les matches au sommet ont érodé la confiance de l'équipe, jusqu'à la faire tourner complètement fou dimanche dernier face à l'avant-dernier.

«C'est à l'issue d'une réunion de crise tenue par le conseil d'administration du club mardi soir que la décision a été prise explique le nouveau coach, Paul Van Laethem, un ancien de la maison qui reprend du service sur le terrain alors qu'il assume déjà les fonctions de manager. «Michel voulait une marque de confiance très large de ses joueurs. Elle n'est pas venue. Les joueurs, cela dit, ont conscience qu'ils ont une part de responsabilité dans ce qui arrive, par leur manque de concentration et de respect des consignes.»

Dans l'immédiat, le nouveau coach compte se remettre au tableau noir. «Il faut redonner confiance aux joueurs dans les principes de jeu comme les sorties de défense, la reconversion... qui ont été négligées ces derniers temps. Ce qu'il faut aussi, c'est changer les mentalités. J'ai prévenu les joueurs: désormais, il ne faudra plus jouer à tirer chacun la couverture de son côté. Au moins poursuit-il non sans humour, ma voix porte plus loin que celle de Michel, ça aidera les joueurs à se reconcentrer.»

Groupe pléthorique

Il faudra aussi à Paul Van Laethem, qui a l'avantage de connaître par coeur la plupart des joueurs, faire quelques choix difficiles dans un groupe pléthorique où les murmures n'étaient déjà pas rares lorsque tout tournait bien.

«Ça va faire mal quels que soient les choix, c'est inévitable» renchérit-il. «Il faudra être plus intransigeant.»

Michel Van Strydonck ne souhaite pour sa part pas cracher dans la soupe, même si on le sent très déçu. «J'avais moi-même provoqué cette réunion parce que la passivité de mes joueurs dimanche dernier m'avait paru inadmissible. J'étais honteux pour nos dirigeants et nos spectateurs. Je voulais que tout le monde se retrousse les manches, ou qu'ils continuent sans moi. C'est la deuxième solution qui a été choisie. Je pense beaucoup de bien de ce groupe talentueux, mais il est victime de sa jeunesse. Et puis, l'an dernier, il y avait sur le terrain un patron. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, surtout quand cela va mal. Mais comme coach, il faut assumer les mauvais résultats comme les bons»...

© Les Sports 2003