Nous voici arrivés dans la dernière ligne droite de la plus longue saison du hockey belge. La double finale (match aller jeudi à 15h30, retour samedi à 16h) opposera deux clubs que tout ou presque oppose: le Léo, valeur sûre s'il en est avec ses 24 titres de champion de Belgique, et le Waterloo Ducks, arrivé en division I voici trois saisons seulement, un des clubs émergents du hockey belge qui en est à son 2e play-off en autant de saisons. Un duel dont la valeur sûre part favorite, mais l'étiquette de favori n'a jamais constitué une garantie de succès...

«On aurait préféré jouer contre le Dragons» déclare Jérôme Toussaint, l'un des internationaux du Léo. «C'eût été la garantie de jouer en coupe d'Europe la saison prochaine. En outre, Waterloo est une équipe qui ne nous réussit pas trop. L'avantage est qu'on prendra la rencontre au sérieux: nous sommes bien conscients que rien n'est fait. Dimanche, nous étions très heureux après notre score-fleuve à Louvain, mais nous n'avons pas fait les fous pour autant. Pour certains joueurs qui ont annoncé leur départ, comme mon cousin John ou Cédric Deleuze, ce serait un très beau cadeau d'adieu.»

«Ca fera un peu bizarre pour tout le monde» estime Maxime Luycx, la plaque tournante de Waterloo. «En ce qui me concerne, c'est ma 3 e finale et j'espère bien la gagner avec mon club de toujours. Nous avons bien joué en demi, même si la balle a un peu roulé pour nous: il y avait un bloc solide sur le terrain. Si nous jouons comme cela contre le Léo, nous aurons notre chance. En tout cas, on y croit. Si l'on est en finale, ce n'est pas pour dire au revoir et merci. De plus, nous réussissons bien contre eux. Nous avons pour nous la jeunesse et la vélocité. Nous possédons une équipe talentueuse avec des joueurs rapides en contre-attaque, et un pc qui fonctionne bien depuis le début de la saison.»

Un complexe de la bête noire à battre au Léo? Pas impossible. «Quand ils jouent contre nous, ils ont toujours l'air super-motivés» constate Jérôme Toussaint. «Il faudra contenir Maxime et faire bien attention aux sleeps de Xavier De Greve. Pour le reste, nous avons montré en demi-finale que nous avions retrouvé une bonne assise défensive, ce qui est la base de tout mais que nous n'avons pas toujours eu cette saison.»

La texture du terrain, plus proche de celle de l'avenue Dupuich, pourrait-elle avantager le Léo ? Aucun des deux joueurs ne le croit. En choeur: «Si le terrain de Waterloo est sûrement le plus mauvais de D 1, celui du Léo n'est pas facile non plus. Celui du Pingouin sautille beaucoup moins et favorise l'équipe la plus rapide». Et jusqu'à preuve du contraire, c'est Waterloo...

«Pour le club, c'est un très grand moment» conclut Maxime Luycx. «Nous sommes dans une courbe ascendante. Faisons en sorte de ne pas avoir de regrets et, si nous sommes battus, que ce soit par meilleur que nous».

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