ENTRETIEN

Méfiez-vous de vos amis! Dimanche dernier, les deux buts du Waterloo Ducks à Uccle Sport ont été marqués par... les deux anciens Ucclois de l'équipe. Encore qu'il faille évidemment nuancer: si Maxime Luycx n'a fait, en quelque sorte, qu'une «pige» de deux ans, Benjamin Van Hove a été formé à Uccle où il a joué jusqu'en scolaires. A l'époque d'ailleurs, il évoluait dans le secteur offensif, ce qu'il fit longtemps aussi pour les Canards... Mais laissons-le raconter : «La saison dernière, avant le match contre le Racing, Pascal Kina est venu me trouver en me disant que j'allais jouer à l'arrière droit. Mon opposant direct n'allait pas mettre beaucoup de pression offensive, c'était le moment de me tester. Pascal m'a expliqué la base du boulot de défenseur. Au début, j'étais curieux de voir comment cela allait se passer et j'ai essayé de simplifier mon jeu au maximum. Apparemment, le test a été réussi et j'ai encore appris pas mal de choses derrière. Aujourd'hui, je resterais volontiers en défense, c'est un peu ma nouvelle vocation.»

Ce changement a d'ailleurs relancé sa carrière, puisque c'est le poste auquel il évolue désormais en équipe nationale, après y avoir commencé sa carrière à 24 ans, c'est-à-dire assez tard. «J'ai commencé à jouer de manière naturelle et sans stress. C'est peut-être pour cela que j'ai fait plus de progrès ces dernières années qu'en beaucoup d'autres précédentes». Un avis partagé par Renaud, son patron qui tient un célèbre magasin de sports à Waterloo.

Un, deux, trois

Avec trois buts dans ses trois derniers matches officiels (contre la France et l'Irlande à Changzhou, puis à Uccle Sport en demi-finale) Benjamin n'a visiblement pas perdu le sens du but. «Il faut un peu de chance» relativise-t-il, «et être à la bonne place au bon moment. Les deux buts que je marque en Chine sont faciles. Sur celui de dimanche dernier, un rebond de pc, je ne me suis pas posé de questions. Au total, j'ai retrouvé devant le but une certaine confiance que je n'avais plus.»

En remportant le match aller, le Waterloo Ducks a-t-il fait le plus difficile? «Disons qu'on a fait un bon pas mais Uccle présente un visage très différent d'un match à l'autre, ou même d'une mi-temps à l'autre en cours de match. C'est une équipe qui se bat à fond et qui n'abandonne jamais, avec un gardien qui peut faire des miracles. Nous avons l'avantage du terrain, sur lequel nous nous entraînons une fois par semaine - car il est indispensable d'être accoutumé à ce type de surface -, et d'un but. Mais il est hors de question de se relâcher.»

Finalement, le Waterloo Ducks n'a qu'un gros ennemi, c'est lui-même ? «Oui, je crois que c'est un bon résumé. Tout au long de la saison, nous avons montré que nous avions une bonne équipe, que nous pratiquions de l'excellent hockey, que nous avions un banc terrible. Le pire qui puisse arriver serait que nous n'osions pas jouer notre jeu. Quand nous le faisons, ça joue vite et peu d'équipes arrivent à suivre. Contre Uccle, il est important aussi de marquer le premier but, car ils ont une excellente défense.»

Jouer libéré... Voilà bien une des choses qui ont manqué à l'équipe nationale en Chine. «Avec, aussi, une période de préparation plus longue, notamment au niveau des automatismes offensifs. Dans ce sens, le réaménagement de la D 1 à 10 équipes va alléger le calendrier et durcir le championnat, même si je ne suis pas sûr que toutes les conséquences seront positives pour le hockey belge.»

© Les Sports 2006