Jean-Pierre Speleers, 48 ans depuis peu, qui fut un arbitre international couronné et un président de la Commission d’arbitrage très apprécié, a débarqué cette saison à la présidence du Dragons. Une expérience nouvelle après être resté membre du club pendant 40 ans ! Sa première saison est cependant en train de virer au cauchemar sportif.

0 sur 12 : un petit séisme pour un club habitué chaque saison aux places d’honneur…

C’est un fait, on ne peut pas rester les bras croisés. J’ai convoqué pour mardi prochain ma cellule “Top Hockey” afin de prendre les dispositions que nous croyons devoir s’imposer. Il est trop tôt pour vous dire si nous allons changer de coach. Mais il faut faire quelque chose pour donner un signal fort à nos supporters et à nos sponsors.

Le Dragons a pourtant investi massivement en joueurs l’été dernier. On cite même des chiffres astronomiques…

Soyons clairs : les seuls chiffres astronomiques sont ceux de la réfection de notre chalet. Lors de mon accession à la présidence, j’ai demandé de mettre l’accent sur le recrutement de jeunes Belges. L’idée est de constituer à terme un vivier dans lequel nous pouvons puiser sans faire appel sans arrêt à des renforts extérieurs. Je me félicite de cette politique. Quand je vois un Zoulou Brulé, par exemple, c’est une crème de garçon, bien élevé, plein de classe, volontaire sur le terrain… Un transfert en or. L’équipe est jeune et talentueuse, mais il nous manque actuellement deux choses : un vrai libero et un gardien en forme. Wilm Thys a fait un excellent premier tour mais marque le pas depuis. Et comme Quentin Walravens est blessé pour une longue période…

Tout de même, perdre un match alors qu’on mène 5-3 à la 63e minute, il y a un problème !

C’est évident. Quand on a à ce point un match en main, on ne peut pas le lâcher. Un coach doit pouvoir adapter sa tactique si nécessaire. Même le président avait vu que le Beerschot avait fait monter un joueur supplémentaire dans l’entrejeu… D’autre part, cette saison, nous n’avons personne pour filmer les équipes adverses. Pour une fois, le Dragons ne montre pas l’exemple au niveau du professionnalisme.

Le groupe n’est-il pas aussi un peu jeune ?

Cela ne me dérange pas, quitte à passer une saison de transition. Le plus difficile sera de garder les joueurs ensemble. Nous allons nous y atteler.

Dans quelle mesure la réfection du chalet n’influe-t-elle pas sur les performances du club ?

C’est incontestable. Un simple exemple : nous avons des sanitaires de fortune depuis le début de la saison et nous constatons une désaffection des équipes féminines. Il n’y a plus moyen non plus d’organiser un banquet au club… Tout cela est nuisible. Mais notre nouveau chalet avance et sera inauguré officiellement le 12 mai.

Les joueurs y croient-ils toujours, malgré tout ?

En tant que président, je ne peux décemment pas dire non. Mais il faudra gagner cinq matches sur six, c’est-à-dire un petit miracle. Nous faisons un très mauvais deuxième tour, c’est vrai, quoique nous n’ayons perdu qu’une seule rencontre par plus d’un but d’écart. Mais au complet, nous avons déjà montré que nous pouvions battre les meilleurs.