Entretiens

Tapis dans un écrin de verdure, les terrains du Waterloo Ducks sont éclairés par de puissants spots qui transpercent à peine l’obscurité locale renforcée par un brouillard qui s’abat sur les plaines de Waterloo en ce soir d’entraînement de février. Les vedettes du club répètent inlassablement les mêmes gestes à l’abri des regards. Parmi cette pléiade de stars, deux petits jeunes se fondent dans le groupe. Quentin Van Lierde, 16 ans, et Quentin Roba, 15ans, prennent désormais part aux entraînements de l’équipe première. Dimanche dernier, ils ont franchi une nouvelle étape dans leur apprentissage.

L’aîné, qui avait déjà grappillé çà et là quelques minutes éparses, a gonflé de manière exponentielle son temps de jeu. Le cadet a tout simplement disputé ses premières minutes en Division Honneur.

Visiblement fatigués mardi soir par la séance d’entraînement prodiguée par Xavier De Greve, les deux Quentin, qui fêtaient encore ensemble leur titre en scolaire l’an dernier, ont posé leur sac au bord d’un terrain dont ils connaissent déjà les moindres recoins.

Dimanche 26 février, ce 5-0 face au Beerschot aura toujours un écho particulier dans vos parcours. Quelles furent vos impressions en montant sur la pelouse ?

Quentin Van Lierde : "Le premier remplacement reste toujours périlleux. Dès que la première touche de balle est passée, la pression s’envole. Je suis satisfait de ma prestation. J’ai délivré un assist à Thibault (De Saedeleer) qui est le responsable de l’école de jeunes. Tout un symbole. J’ai entendu la voix de Thibault venir du cercle et je n’ai pas réfléchi. J’ai reçu beaucoup d’encouragements."

Quentin Roba : "Au début de la seconde mi-temps, Coche (Xavier De Greve) m’a demandé de m’échauffer. Je n’y croyais pas. Tout évolue si vite. Il y a quelques semaines, je n’avais jamais pris part à un entraînement avec l’équipe première. Avant la reprise, je participais à un stage d’un week-end à Paris. Dimanche dernier, dès ma première sélection, je suis monté 12 minutes. J’ai remplacé Cuvelier. J’étais vraiment surpris. J’ai manqué ma première touche de balle à cause du stress. Ensuite, je me suis calmé et j’ai réalisé du bon boulot en bloquant notamment un attaquant qui filait seul vers le but."

Vous découvrez la vie d’un groupe de sportifs de haut niveau. Qu’est-ce qui marque le plus dans un premier temps ?

QVL : "Quand j’étais petit, je n’avais pas trop d’idoles, même si j’aimais bien Truyens. Il est clair que des encouragements de Max Luycx mettent en confiance. Intégrer un tel groupe n’est pas simple au tout début. Ces gars se connaissent si bien. Ensuite, le groupe s’ouvre petit à petit. Thibault De Saedeleer réussit toujours à prononcer le mot qui met à l’aise. J’apprécie l’humour ridicule de Benjamin Van Hove ou Alex De Paeuw. Enfin, Capelle m’aide aussi beaucoup."

QR : "En fouillant dans mes premiers sticks ces dernières semaines, j’ai retrouvé un exemplaire signé par Luycx et Van Hove. J’imagine la scène où, moi, petit, je demandais l’air gêné un autographe à ces grands joueurs. Aujourd’hui, je joue à leurs côtés. J’apprends beaucoup juste en les observant. Si Benjamin joue le rôle de mon papa sur le terrain, j’ai découvert un super gars, Max Peeters."

Quel fut votre parcours avant de débarquer en équipe première d’un club candidat affirmé au titre ?

QVL : "J’ai débuté à l’Orée avant de transiter par le Racing et atterrir il y a trois saisons au Watducks. Mes parents tâtaient du stick. Je ne me suis pas posé de questions. En début de saison, j’ai ouvert mon compteur minutes jouées en DH."

QR : "J’ai toujours porté les couleurs du Wadu. Comme je jouais dans l’équipe de mon frère qui est plus âgé de deux ans, j’ai vite eu l’habitude de côtoyer des grands. Je joue comme médian en scolaire, comme attaquant en U16 et comme défenseur en DH."

Lequel de vous deux présente le plus gros caractère ?

QVL : "Je dirais que je suis le plus caractériel. Avec les juniors, je suis franc et direct. En DH, je suis plus réservé."

QR : "Avant, je pouvais vite péter une case. Je me suis calmé, surtout avec l’équipe première."

Quels sont vos objectifs à court terme ?

QVL : "Je veux remonter en juniors 1 et m’intégrer en DH tout en restant dans la sélection en U18."

QR : "Avec les scolaires, nous visons le triplé. Le titre est salle est déjà acquis. Il reste la Coupe et le sacre en outdoor. Ensuite, je vise une performance lors de la Coupe d’Europe en U16 à Vienne cet été. Enfin, j’espère acquérir plus d’expérience avec l’équipe première du Watducks."

Quelles sont les chances de titre du Waterloo Ducks cette saison ?

QVL : "Je dirais 40 %. Nous avons les moyens de battre le Racing, mais je crains le Dragons. Sur le papier, notre équipe a fière allure."

QR : "Le titre ? 30 % de chance à cause du Dragons."

Vos carrières n’en sont qu’à leurs balbutiements. Quels sont vos rêves absolus ?

QVL : "Participer aux Jeux de 2020."

QR : "D’abord, réussir la Coupe d’Europe à Vienne. Ensuite, les Jeux restent le top du top."

Entre les multiples entraînements et matchs, comment meublez-vous votre temps ?

QVL : "Je m’autorise une sortie par semaine. Je termine ma cinquième année en économie à Notre-Dame des Champs à Uccle. Je n’ai pas d’autres passions, faute de temps. Avant, je pratiquais plus de tennis ou de foot. Je m’en voudrais aussi d’oublier de parler de ma petite amie Alice."

QR : "J’étudie en 4 e année au Collège Cardinal Mercier à Braine-l’Alleud. Je partage mon temps entre l’école, le hockey et ma copine Letizia."

Pour terminer, si vous deviez dévoiler une qualité de l’autre “Quent”…

QVL : "J’adore son shot revers qui est très fort."

QR : "C’est un battant qui ne lâche jamais rien."