Renault et Jaguar: bâtir l'avenir

Benetton, c’est bientôt fini. Le Championnat du monde de Formule 1 2001, qui débute cette fin de semaine au Grand Prix d’Australie à Melbourne, marquera la passation de pouvoir entre le groupe industriel italien, devenu simple commanditaire, et le constructeur français Renault, demain seul aux commandes après avoir racheté l’écurie l’an passé

Benetton, c’est bientôt fini. Le Championnat du monde de Formule 1 2001, qui débute cette fin de semaine au Grand Prix d’Australie à Melbourne, marquera la passation de pouvoir entre le groupe industriel italien, devenu simple commanditaire, et le constructeur français Renault, demain seul aux commandes après avoir racheté l’écurie l’an passé.

Cette année encore, Renault n’avancera pas à visage découvert, mais une dernière fois dans l’ombre de Benetton, le temps de mettre en place la base apte à se battre au sommet en 2002. «Notre objectif n’est pas de gagner le Championnat du monde 2001, mais plutôt de mettre les bons outils dans les mains des bonnes personnes et mettre en place un programme de développement afin d’établir les bases de notre futur défi», insistait Flavio Briatore, directeur général de Benetton-Renault lors de la présentation de la monoplace B201 au début du mois à Venise.

L’Italien a ainsi fait le ménage dans l’écurie et fait appel à des hommes neufs, comme Myke Gascoigne, l’ancien directeur technique de Jordan, et son aérodynamicien Mark Smith. Mais pour la future équipe de la marque au losange, 2001 sera avant tout la saison au cours de laquelle un nouveau moteur maison «révolutionnaire» devra acquérir la fiabilité en attendant une autre évolution.

De nouvelles solutions

Carbone, céramique, un poids que l’on dit inférieur... à 85 kg, un angle de 111 degrés, le projet est ambitieux. Et risqué. C’est pourquoi Patrick Faure, président de Renault Sport, ne veut pas parler d’année de transition. «Je préfère utiliser le terme de mise au point, déclarait-il. Cette saison doit nous permettre de renforcer et développer l’équipe et essayer de nouvelles solutions, en particulier le moteur RS21, qui représente un grand bond en avant en matière de compacité et d’efficacité».

Les deux pilotes Benetton, le prodige italien Giancarlo Fisichella et l’espoir britannique Jenson Button, essuieront sans doute les plâtres cette année. «Il faudra que nos résultats s’améliorent de façon significative en deuxième partie de saison afin de démarrer 2002 en haut de la grille», a averti Patrick Faure.

Pour Jaguar en revanche, c’est la respectabilité, la crédibilité qu’il va falloir acquérir, et rien ne vaudra de bons résultats pour y parvenir. La réussite de la famille Stewart laissait penser que le rachat de l’équipe écossaise par la grande maison Ford, en 1999, était annonciatrice de succès. 2000 tourna rapidement à la catastrophe et fut une incroyable gifle pour Jaguar.

Des têtes coupées

Des résultats décevants et inversement proportionnels à la débauche de moyens, une certaine suffisance, avec notamment la course au luxe dans le paddock des circuits: Jaguar n’a pas tenu son rang. Changement de hiérarchie, arrivée de l’Américain Bobby Rahal, figure légendaire du sport automobile américain, puis dernièrement de Niki Lauda, personnage mythique de la F1, le fauve est en mal de reconnaissance et cherche tous les moyens pour l’obtenir.

Des têtes ont été coupées, celle du directeur technique Gary Anderson notamment, remplacé aujourd’hui par un ancien de l’école McLaren, Steve Nichols. Cela suffira-t-il à donner à Eddie Irvine et au jeune Brésilien Luciano Burti les moyens de défendre honorablement l’image de Jaguar ? Encore faudra-t-il que le nouveau né de Cosworth-Racing, le moteur V10 CR3, soit suffisamment fiable.

L’Espagnol Pedro de la Rosa a été «soufflé» à Prost pour mettre à profit un programme d’essais chargé. Rebâtir pour se hisser dans un avenir proche au sommet, telle sera la tâche à laquelle Jaguar va s’atteler cette saison.

(AFP)