Le bon sens au chevet de Spa-Francorchamps

Quid du Grand Prix de Belgique 2003? Outre le problème de la loi anti-tabac, la question à se poser est de savoir si la F 1 peut se passer de Spa-Francorchamps? Les puristes diront certainement que non. Technique, vallonné, naturel, Spa est le plus beau tracé du monde, patati, patata... Bernie Ecclestone est-il sensible à ce genre de considérations? Peut-être

Le bon sens au chevet de Spa-Francorchamps
©EPA
PAR CHRISTOPHE BLAIVIE

ÉCLAIRAGE

Quid du Grand Prix de Belgique 2003? Outre le problème de la loi anti-tabac, la question à se poser est de savoir si la F 1 peut se passer de Spa-Francorchamps? Les puristes diront certainement que non. Technique, vallonné, naturel, Spa est le plus beau tracé du monde, patati, patata... Bernie Ecclestone est-il sensible à ce genre de considérations? Peut-être. Reste que le Little Big Man de la Formule 1 n'en a que faire faire de la politique belge et de ses querelles intestines. Soyons clairs: la Belgique, si ce n'est son tracé - et encore -, ne représente pas grand chose pour Ecclestone... A moins que John Goossens, le président du RACB, ne succède à Max Mosley à la tête de la FIA. On le sait, le Britannique ne devrait pas reconduire son mandat.

Toujours est-il que pour l'instant, le problème est belgo-belge et a de quoi faire rire. En effet, si l'on s'en tient aux chiffres, le Grand Prix de Belgique génère un milliard BEF de retombées... En cas de perte du Grand Prix de Belgique, ce milliard partirait en fumée, c'est le cas de le dire. Où partira-t-il? Sans doute aux Emirats Arabes qui sont sur les rangs. Que verront dès lors les jeunes passionnés de F 1 devant leur poste de télévision? Des voitures qui roulent sous le soleil flanquées de publicités pour le tabac... C'est aussi simple que cela. Dès lors, pourquoi ne pas calquer la législation belge sur la directive européenne qui prévoit la possibilité pour les États membres de reporter au premier octobre 2006 le principe d'interdiction de publicité pour le tabac pour les événements à caractère mondial? C'est là que réside le noeud du problème ou le match que se livrent les parlementaires, qu'ils soient francophones ou néerlandophones. Ces derniers, nourrissent sans doute une jalousie ancestrale - 1985 - d'avoir vu le Grand Prix émigrer de Zolder à Francorchamps. Si l'on ajoute à cela que les francophones ne sont pas tous sur la même longueur d'onde... On mesure bien la difficulté du Ministre Serge Kubla à ramener tout le monde à la raison.

Gageons que les menaces d'Ecclestone auront mis pas mal de parlementaires devant leurs responsabilités et que le bon sens l'emporte en bout de course.

Reste que même au niveau européen, le débat est en train de stagner dans la mesure où l'arrivée de nouveaux sponsors non-cigarettiers (informatique, internet, téléphonie...) se fait attendre.

A l'heure actuelle, il n'y a guère que la France (Magny-Cours) et l'Angleterre (Silverstone) qui restent inflexibles et interdisent la publicité sur le tabac. Mais, au contraire de la Belgique, ces nations ont des arguments autres (présence de constructeurs automobiles et d'un manufacturier) pour se permettre de telles «incartades».

SÉCURITÉ

Autre point noir du circuit de Francorchamps: la sécurité. Malgré les investissements consentis en la matière de saison en saison, Francorchamps reste un circuit dangereux, l'accident de Burti à Blanchimont en est l'illustration la plus parfaite. Si le pilote Brésilien est aujourd'hui tiré d'affaire - il est rentré à Sao Paolo ou il restera quelques jours en observation -, c'est qu'il a eu beaucoup de chance.

Aux organisateurs d'en tirer les conclusions pour éviter qu'un drame - un vrai - ne s'y produise.

© La Libre Belgique 2001

Sur le même sujet