Un Grand Prix à contrecoeur

Ce devait être la fête à Monza pour le Grand Prix d'Italie de Formule 1, les tifosi voulaient célébrer les titres mondiaux de Ferrari cette fin de semaine sur le circuit de la banlieue milanaise mais le coeur n'y est pas. Les oriflammes et drapeaux à la gloire de la Scuderia ont été laissés à la maison vendredi pour les premiers essais.

Un Grand Prix à contrecoeur
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Ce devait être la fête à Monza pour le Grand Prix d'Italie de Formule 1, les tifosi voulaient célébrer les titres mondiaux de Ferrari cette fin de semaine sur le circuit de la banlieue milanaise mais le coeur n'y est pas. Les oriflammes et drapeaux à la gloire de la Scuderia ont été laissés à la maison vendredi pour les premiers essais. Pas de manifestation intempestive non plus à chaque sortie des monoplaces italiennes de Michael Schumacher et Rubens Barrichello. Les spectateurs de Monza se voulaient dignes, par respect pour les victimes des attentats terroristes des Etats-Unis, à la mémoire desquelles une minute de silence a été observée à 12 h 00 locales.

Ferrari s'était engagée la première à marquer sa solidarité et son attachement au peuple américain. Les voitures rouges, sans publicité, avaient le museau noir en signe de deuil. Même le «Cavallino» n'apparaissait pas sur le flanc des monoplaces: une première en 52 ans de présence en F 1. «C'est peu de chose bien sûr mais nous voulions apporter notre modeste contribution pour montrer au monde notre tristesse, notre désapprobation face à de tels actes», a commenté Jean Todt, le directeur sportif de Ferrari.

Pourtant les qualifications ont bien lieu samedi, le Grand Prix se courra dimanche. «The show must go on», même si certains pilotes ne semblent guère apprécier.

STUPIDITÉ

Michael Schumacher affichait la mine des mauvais jours. Si souvent souriant et plaisantin hors de sa monoplace, il a limité ses propos au minimum. «Sur le plan sportif, c'était un vendredi comme un autre»

A simplement dit le quadruple champion du monde. La veille déjà, l'Allemand avait manifesté sa morosité. «Posez la question à Bernie (Ecclestone) », avait-il répondu sèchement à la question de savoir s'il fallait aller courir dans quinze jours aux Etats-Unis, refusant d'aborder le sujet dans le détail. Ralf, son frère cadet, avait été pour sa part plus direct. «C'est une stupidité de courir ici et aux Etats-Unis. Si nous allons à Indianapolis, j'espère que Bernie sera dans l'avion avec nous», avait-il lâché jeudi soir.

Hommes révoltés, les pilotes n'en sont pas moins des employés, de luxe certes. Vendredi, l'Allemand s'est ainsi montré le plus rapide de la première journée d'essais libres, devant son coéquipier Juan Pablo Montoya et son frère Michael. L'équipe anglo-allemande a confirmé son statut de favori de l'épreuve italienne. (AFP)

© La Libre Belgique 2001


Monza plongé dans le silenceLe silence s'est fait sur le circuit de Monza où la Formule 1 s'est recueillie à la mémoire des victimes des attentats terroristes des Etats-Unis, vendredi midi. Une minute durant, toutes les équipes, les pilotes, se sont groupés devant leurs stands respectifs au garde à vous, alors que, dans les tribunes, les spectateurs debout fixaient les yeux sur la ligne des stands. Photographes et cameramen s'étaient donnés rendez-vous devant le stand Ferrari. La Scuderia avait en effet décidé de marquer particulièrement son attachement au peuple américain. Les monoplaces de Michael Schumacher et Rubens Barrichello ne portaient aucune publicité, présentant simplement leur livrée rouge avec un museau noir en signe de deuil. Toute la matinée, le quadruple champion du monde allemand avait affiché un visage tendu, sérieux lui, qui à l'habitude, a tendance à plaisanter dans son stand entre ses apparitions en pistes. Pendant dix minutes aussi, les moteurs s'étaient tus sur Monza, en dépit du travail que les équipes avaient à faire en prévision de la seconde séance d'essais de la journée qui devait débuter moins d'une heure plus tard. (AFP)