Juan Pablo Montoya, le Colombien de la Paix

Un moment controversé, le Grand Prix des Etats-Unis servira de vitrine mondiale pour une nation meurtrie mais bien décidée à repartir de l'avant et à afficher son patriotisme. Déjà vainqueur des 500 miles, Montoya sera le favori de l'épreuve

Juan Pablo Montoya, le Colombien de la Paix
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Le Grand Prix des Etats-Unis de Formule 1, cette fin de semaine à Indianapolis, va offrir aux Américains l'occasion de montrer au monde leur patriotisme, de faire la démonstration que la vie continue après le drame des attentats terroristes du 11 septembre.

Des dizaines de milliers de petits drapeaux américains s'agiteront dans les tribunes, comme ils fleurissent devant les maisons, sur certaines voitures avec la mention «Fier d'être Américain». De nombreuses écuries ont décidé elles aussi d'arborer la bannière étoilée sur leurs monoplaces.

Dimanche, un programme musical patriotique, l'hymne américain chanté par une chorale d'enfants de la ville, un défilé de pompiers ayant aidé aux secours après les attentats, et la présence de nombreux artistes, seront au programme des cérémonies d'avant Grand Prix.

Les pilotes, quant à eux, veulent apporter leur contribution en offrant le meilleur spectacle. Après avoir été un moment réticents, ils ne regrettent pas de se trouver à Indianapolis. Et surtout Juan Pablo Montoya (Williams-BMW) qui revient aux Etats-Unis après avoir régné pendant deux ans sur les circuits du Cart. Ainsi, quinze jours après sa première victoire en Formule 1, à Monza, le Colombien retrouve le circuit d'Indianapolis. Là où, il y a un an, Montoya remportait les 500 Miles, course mythique, dès sa première participation, «un souvenir inoubliable», après avoir été sacré champion CART la saison précédente.

DU CART À LA F 1

Montoya est là comme chez lui. Le Colombien a fait son chemin. Du Cart à la F 1, il y a un monde que le pilote sud-américain a franchi avec succès. «En Cart avec des pneus lisses, vous pouvez aller aux limites, et un peu plus loin encore, même si votre voiture n'est pas parfaite

Explique Montoya. En F 1 avec les pneus rainurés en revanche, si vos réglages ne sont pas parfaits, vous perdez rapidement de l'adhérence. La F 1 est plus complexe.» Hier roi du Cart, le Colombien se présente aujourd'hui comme l'un des favoris du Grand Prix des Etats-Unis de Formule 1. Et même si Michael Schumacher (Ferrari) s'est imposé à Indianapolis l'an passé pour le retour de la F 1 en Amérique, le Colombien risque de ravir la vedette au quadruple champion du monde.

«Je sais que de nombreux Colombiens vont venir ici, dit Montoya. Pour moi, cette course est un peu comme mon Grand Prix. J'ai passé les deux dernières années à courir aux Etats-Unis et puis Indy n'est pas très loin de chez moi. Mes parents vivent ici. Oui, je suis ici comme chez moi.»

Montoya sait aussi qu'il peut compter sur une Williams-BMW qui devrait être une nouvelle fois particulièrement performante, que lui et Ralf Schumacher seront sans doute les hommes à battre.

(AFP)

© La Libre Belgique 2001