La fin de Prost Grand Prix?

Toyota qui arrive, Prost qui disparaît? Les bruits les plus pessismites couraient quant à la situation de l'équipe tricolore, dimanche à Suzuka où le Grand Prix du Japon a mis un point final à une saison assez terne sur le plan du suspense. Une fois de plus Schumacher (Ferrari) l'a emporté (avec Montoya en second). Et l'on ne voit pas qui pourra battre Ferrari l'année prochaine. Analyse.

La fin de Prost Grand Prix?
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Ch.Bl. (avec AFP)

Le Grand Prix du Japon n'aura guère apporté d'eau à un moulin dont les ailes vont cesser de tourner. Attention, c'est pendant l'hiver que les écuries fourbissent leurs armes en vue de la prochaine saison.

Dans ce registre, la saison 2002 verra l'entrée en lice de l'écurie Toyota. Avec un budget illimité, le géant japonnais espère frapper un grand coup. Gageons que pour cette première campagne, ils ne soient pas au niveau des meilleurs. En 1999, BAR allait tout renverser sur son passage et on sait ce qu'il est advenu du bel enthousiasme de Craig Pollock... N'empêche, Toyota débarque avec une préparation unique dans les annales de la F 1. Que ce soit en rallye ou en endurance, les Nippons n'ont jamais fait de la figuration, on ne voit pas pourquoi il en serait autrement en F 1. N'empêche, à l'instar de Ferrari mais avec le développement en moins, Toyota sera la seule écurie à concevoir châssis et moteur, ce qui ne constitue pas une solution de facilité.

PROST: LA FIN?

Toyota qui arrive, Prost qui disparaît? Le Français absent au Japon, les bruits les plus pessismites couraient quant à la situation de l'équipe tricolore, dimanche à Suzuka. Lourdes dettes, impossibilité de trouver des partenaires, le quadruple champion du monde cherche désespérément une solution afin de sauver son équipe. Mais cela semble de plus en plus tenir du miracle. «C'est vrai, Prost est dans une situation très difficile»

Reconnaissait Jean Todt, directeur sportif de Ferrari. Pour la Scuderia, qui attend une réponse du champion français pour la fourniture de moteur l'an prochain, le temps presse cependant.

Todt admettait que Ferrari ne pourrait pas attendre très longtemps maintenant. «Il va falloir se décider rapidement en fonction de la situation de Prost», indiquait ainsi le patron de la gestion sportive de Ferrari. Dépôt de bilan, faillite ou sauvetage de dernière minute, une décision ne devrait plus tarder.

La disparition de l'équipe française serait un coup dur. Heinz-Harald Frentzen, qui a succédé à Jean Alesi, regretterait que Prost Grand Prix disparaisse. «Il y a dans cette équipe des compétences, une bonne ambiance. On m'écoute. Et si j'avais le choix entre Prost et Arrows pour l'an prochain, je n'hésiterais pas, j'opterais pour l'équipe française», déclarait le pilote allemand. Mais voilà, les chances de survie des Bleus paraissent aujourd'hui plus minces que jamais.

RETRAITES

Outre Jean Alesi, qui a tiré un trait sur sa carrière en F 1, le grand absent de la saison 2002 sera Mika Hakkinen. Si le Finlandais prend officiellement une année sabbatique, on ne voit pas dans quel contexte et surtout quelle écurie lui ferait un pont d'or en 2003... Bien que tout soit possible dans le milieu de la F 1, le retour d'Hakkinen semble difficile à imaginer après une saison en demi-teinte malgré le gain de deux Grand Prix.

Dès lors, on ne voit pas qui pourra battre Ferrari l'année prochaine. Une chose paraît certaine, davantage que Mc Laren, Williams-BMW sera à surveiller comme le lait sur le feu par la Scuderia. L'écurie britannico-allemande a terminé la saison sur les chapeaux de roues, sans compter que Michelin bénéficiera en 2002 d'une année complète de tests grandeur nature. Reste aussi le cas Juan Pablo Montoya, un pilote qui a commencé la saison en douceur pour la terminer en boulet de canon...

Mc Laren sera encore dans le coup mais attention au comportement de Kimi Raikkonen (débauché pour 25 millions de $) qui en sera à sa deuxième saison. Confirmer n'est jamais facile, ce n'est pas Button qui nous contredira.

© La Libre Belgique 2001


Alesi regretté par ses pairs Le départ à la retraite de Jean Alesi a suscité les réactions à l'arrivée du Grand Prix du Japon de Formule 1 sur le circuit de Suzuka. La conférence de presse suivant la course a donné une nouvelle occasion à Michael Schumacher, le vainqueur, et à Juan Pablo Montoya, son dauphin, de rendre hommage au Français. Michael Schumacher surtout qui ne veut toujours pas croire à la retraite de Jean Alesi. «Nous avons dit pas mal de choses ce week-end mais je le répète, beaucoup d'entre nous vont être tristes, a déclaré le quadruple champion du monde. C'est un grand pilote, c'est un ami très cher et c'est d'autant plus triste qu'il est toujours rapide. Si vous regardez autour de vous en F 1, il y a probablement d'autres pilotes qui devraient se retirer avant lui. Mais, c'est comme cela. D'un autre côté, je voudrais dire que l'on ne sait jamais. L'hiver est long et avec Jean... on verra ce qui se passera l'année prochaine.» «Je ne le connais pas beaucoup mais j'ai suivi sa carrière quand je regardais les Grands Prix à la télévision. Et je peux vous dire que c'était un grand pilote», a indiqué pour sa part Montoya. Jean Alesi laissera un vide sur les Grand Prix. (AFP) © La Libre Belgique 2001

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