Une perte évaluée à plus de 25 millions d'euros

La disparition du Grand Prix portera un coup dur à l'économie régionale.Les énormes retombées directes et indirectes de la F 1 influencent la vie locale.

F.V.V.

Passionnés ou non de sport automobile, fumeurs ou non, un fait est là: les habitants de la province de Liège et au-delà bénéficient des larges retombées du Grand prix de F 1. Et il n'y a pas photo entre les désagréments occasionnés par l'événement et les avantages procurés. L'impact est d'autant plus positif que la grande majorité des dépenses sont effectuées par des acteurs extérieurs à la région en dépit du fait que la totalité des retombées ne reviennent pas dans des mains uniquement locales.

On enregistre d'abord les rentrées sonnantes et trébuchantes. La dernière étude en date - 1996 mais l'évolution est minime depuis lors - évoque une injection de plus de 25 millions d'euros d'argent frais rien que dans l'économie liégeoise. Un ordre de grandeur généralement reconnu même si cette enquête avait essuyé quelques critiques, principalement en raison de l'identité de son commanditaire, le groupe Philip Morris.

2500 emplois locaux

Il n'empêche, la F 1 et ses 200000 spectateurs constituent une recette appréciable et parfois vitale pour une multitude d'acteurs situés parfois à plusieurs dizaines de kilomètres du circuit: hôtels, motels, campings, restaurants, tavernes, magasins de détail (boulangeries, friteries, supermarchés, pharmacies, boucheries, libraires, photographes, magasins de boissons, photographes,...), sociétés de services actives dans le transport, stations-service, etc. Et l'on peut ajouter tous les acteurs impliqués dans les services VIP: traiteurs, fleuristes, sociétés d'hélicoptères, taxis,...

Il faut aussi savoir que le ticketing intervient à hauteur d'un tiers ou de la moitié des dépenses des spectateurs.

L'étude estime à 2500 les emplois locaux créés lors de la semaine de course. La FOCA et le circuit embauchent et rémunèrent directement des clubs et associations locaux, lesquels comptent parfois sur ces recettes pour développer leurs activités durant toute l'année. L'impact sera donc social sur ce plan-là aussi.

Le caractère jusqu'à présent récurrent du Grand Prix est également tout particulièrement apprécié par les professionnels de l'horeca. Les hôtels sont ainsi réservés au moins un an à l'avance à un prix doublé voire triplé. Plus globalement, l'étude pointe que sur un marché relativement restreint, la certitude quasi absolue d'une forte augmentation des revenus à un moment prévisible constitue un facteur économique important déterminant la capacité de petites sociétés à exister de manière rentable sur base annuelle.

La disparition du Grand Prix ne manquera pas de porter aussi un coup dur au tourisme. La notoriété de la région repose en effet en partie sur le circuit. La retransmission de l'épreuve à travers le monde entier constitue évidemment un vecteur inégal en la matière. Sans compter les spectateurs majoritairement étrangers qui reviennent parfois lors de leurs vacances.

Ce n'est donc pas seulement le dernier week-end d'août que cette disparition se fera sentir...

© Les Sports 2002


Le circuit disparaîtra à moyen terme UNE CATASTROPHE. Pour John J.Goossens, président du RACB, la suppression du Grand Prix de Francorchamps est une catastrophe dont les conséquences seront très lourdes. `Beaucoup d'épreuves telles que les Ferrari Days ou les 24H se tiennent à Francorchamps grâce à l'attrait du Grand Prix de Formule 1. Sans celui-ci, le circuit va perdre son aura et à moyen terme, il disparaîtra.´ Aucun espoir de récupérer le Grand Prix en 2004? `La Formule 1 vient de signer des contrats garantissant à la Russie, à Dubaï et à Shanghai l'organisation d'un Grand Prix en 2004. Des dates risquent de devoir disparaître. Il ne faut avoir aucun espoir pour 2004. Sauf si les pouvoirs publics mettent fin à l'interdiction de la publicité pour le tabac´. © Les Sports 2002

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