3 QUESTIONS À CHRISTINE DEBAETS

Que pensez-vous de reporter à plus tard l'entrée en vigueur de la loi de 1997 interdisant la publicité pour le tabac?

Cela viendrait un peu tard et ne changerait pas grand-chose. Cette loi existe depuis 1997 et l'obligation de se conformer aux normes européennes était connue. Il est particulièrement dommage que les responsables politiques n'aient rien fait pour prendre des mesures anticipatives.

La finalité reste la même: la suppression de la publicité sur le tabac pour des raisons de santé publique...

Des mesures qui relèvent de la protection de la santé publique sont justifiées mais, dans ce cas-ci, elles n'auront pas l'effet escompté. Ce n'est pas en interdisant la publicité pour le tabac que les gens fumeront moins. Dans certains pays où la publicité est désormais proscrite, la consommation de tabac a même augmenté. En fait, les études sur la question de la corrélation entre la publicité et la consommation aboutissent à des résultats très différents. Par ailleurs, sur le plan économique, supprimer la publicité aux cigarettiers revient à créer une distorsion de la concurrence. Si un produit ne peut pas communiquer, il lui est difficile de conquérir de nouvelles parts de marché. Une telle disposition favorise en fait les marques déjà établies dans la société.

L'impossibilité de sponsoriser de grandes manifestations sportives - comme Francorchamps - constitue-t-elle un plus grand manque à gagner que l'interdiction de la publicité?

Bien entendu, cela dépend de la stratégie d'une marque. En ce qui nous concerne, nous ne sponsorisons pas de F 1. Ceci étant, le sponsoring et la publicité recouvrent des différences de moins en moins importantes en termes de représentation de la marque. Les cigarettiers misent désormais sur leur logo et sur l'`imaginaire´ qu'il véhicule, le produit en tant que tel n'est plus visualisé. Où, toutefois, subsiste une différence, c'est dans la visibilité. Un grand prix de F 1 est retransmis dans le monde entier... (R.C.)

© La Libre Belgique 2002