Une procession pour Agnelli

Sur un tracé normal, c'est à l'inintéressant remake du GP de Barcelone auquel nous avons assisté, dimanche, sur le bien fade petit circuit du Ring. En hommage à Umberto Agnelli, le président de Ferrari disparu fin de semaine dernière des suites d'un cancer, Michael Schumacher nous a offert une bien triste procession. Brassard noir au bras, l'Allemand a mené le cortège d'un bout à l'autre d'un GP ennuyant à mourir.

Olivier de Wilde
Une procession pour Agnelli
©AP

ENVOYÉ SPÉCIAL EN ALLEMAGNE OLIVIER DE WILDE

Sur un tracé normal, c'est à l'inintéressant remake du GP de Barcelone auquel nous avons assisté, dimanche, sur le bien fade petit circuit du Ring.

En hommage à Umberto Agnelli, le président de Ferrari disparu fin de semaine dernière des suites d'un cancer, Michael Schumacher nous a offert une bien triste procession. Brassard noir au bras, l'Allemand a mené le cortège d'un bout à l'autre d'un GP ennuyant à mourir.

Et, comme en Espagne, son navrant équipier s'avouant désormais vaincu dès le samedi midi a opté pour une autre stratégie (2 arrêts au lieu de trois) pour s'assurer le premier accessit. Un film déjà connu, avec pour seuls moments forts le départ - cette fois Montoya, roues bloquées, a poussé l'autre Schumacher sans le faire exprès -, les feux de paille allumés par Mercedes (la mauvaise étoile d'un Raikkonen roulant plus les mains sur la tête que sur le volant) et le hara-kiri de Sato sur Barrichello. Sans oublier le manque de respect de certains doublés (Panis et Webber) avec le dieu Schumi qu'ils faillirent bouter hors de la pis- te au premier freinage.

Et puis, il y eut aussi tout de même un peu d'émotion sur le podium et lors de la conférence de presse où tout le monde, ou presque, tirait une tête d'enterrement: «Je suis ravi de gagner ici pour la 4 e fois, devant mon public», expliqua un Michael aussi frais qu'un champagne qu'il n'agita pas. «Mais j'espère que les gens comprendront pourquoi il n'y a pas eu trop d'effusion de joie. La disparition d'Umberto Agnelli fut un choc pour toute l'équipe et nous tenons à lui dédier ce magnifique doublé. Là-haut, il doit être fier de sa Scuderia.»

Puis, Schumacher, en pole pour la 60e fois de sa carrière, égraina le chapelet d'un 76e succès, le 6e cette saison, sans doute trop facile pour être savouré. «J'embarquais certes un peu moins d'essence que mes rivaux sur la grille de départ (NdlR: il fut le premier des leaders à rentrer au 8e tour), mais cela ne justifie pas seul le gros écart (6 dixièmes sur Sato) des essais. »

Assez toutefois pour favoriser son envol, au départ et lors des 7 premiers tours où il colla 17 secondes à son plus proche rival. Autant dire que, sauf incident, la course était déjà terminée. «Dix-sept secondes, vous êtes sûrs, s'exclama un vainqueur un peu gêné. Sans doute ai-je été avantagé par le fait que Kimi était 2 e et ralentissait le reste du peloton, particulièrement les BAR. Sans un premier tour agité, puis son erreur et son moteur explosé, Sato aurait tout de même pu terminer deuxième. Et Jenson ne finit pas loin de Rubens, non? Le doublé d'aujourd'hui ne reflète donc pas exactement la réalité.»

C'est gentil pour Barrichello, classé deuxième à 17 secondes à des années-lumière. Un Brésilien qui nous a refait le coup de la Catalogne en remontant de la 7e à la 2e place. «Je sais que Michael est un peu plus vite sur un tour. Et que la 2e place sur la grille, sur la partie sale, peut constituer un handicap. Ma seule chance était donc à nouveau d'opter pour une stratégie différente. Cela a été suffisant pour finir deuxième.»

De justesse car, sans le concours de Raikkonen et l'attaque suicide de Sato, Rubinho serait descendu d'une marche.

«J'ai eu de la chance de pouvoir finir la course après avoir été heurté par Takuma lors d'une manoeuvre d'amateur. Il venait de tellement loin qu'il ne pouvait pas me doubler à ce freinage. Je ne m'y attendais pas. Lorsque j'ai vu le nez de sa monoplace, j'ai viré à gauche pour éviter l'accrochage.»

Et offrir le quatrième doublé de la saison à Ferrari.

© Les Sports 2004





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