Barrichello principal rival de «Schumi»?

Floué ce jour-là après une nouvelle démonstration du Baron rouge, le public américain s'en souvient comme si c'était hier. La dernière mascarade de Ferrari remonte pourtant à septembre 2002. Après le scandale du Grand Prix d'Autriche et le succès volé à Rubens Barrichello, Michael Schumacher crut se racheter en laissant gagner le Brésilien au Nürburgring puis en l'attendant en vue du drapeau à damiers aux Etats-Unis.

Olivier de Wilde
Barrichello principal rival de «Schumi»?
©AP

Floué ce jour-là après une nouvelle démonstration du Baron rouge, le public américain s'en souvient comme si c'était hier. La dernière mascarade de Ferrari remonte pourtant à septembre 2002. Après le scandale du Grand Prix d'Autriche et le succès volé à Rubens Barrichello, Michael Schumacher crut se racheter en laissant gagner le Brésilien au Nürburgring puis en l'attendant en vue du drapeau à damiers aux Etats-Unis.

L'idée était de franchir le Brickyard, côte à côte, main dans la main, pour une superbe photo finish symbolisant la force de la Scuderia et l'amitié entre les deux pilotes Ferrari. Mais l'électronique n'aime pas les ex-aequo et, au ralenti, Rubinho vola, sans le faire exprès, pour quelques millièmes, la victoire à son équipier.

Pas de cadeaux

Depuis, les deux hommes ne se sont plus faits de cadeaux. Mais, à voir comme ils s'embrassent à chaque arrivée, on doute que le Sud-Américain, trop content de son statut de 2e pilote Ferrari, ne brûle un jour la politesse au roi Michael.

Parce qu'il n'en a pas le talent? Sans doute vu que Schumi est incontestablement le meilleur. Les autres peuvent mettre leurs éventuelles faiblesses et leurs défaites successives sur le compte du matériel. Mais pas Rubens puisqu'il est doté de la même F 2004. Parce qu'il n'a pas droit au crime de lèse-majesté? Peut-être aussi.

Si les consignes durant un GP sont certes interdites depuis 2003, comment empêcher les ordres donnés avant le départ? Comment la FIA pourrait-elle amener la preuve que Barrichello n'a pas le droit d'attaquer son illustre équipier sur la piste?

Même si tout le monde sait qu'aujourd'hui les radios des teams sont sur écoute, un collègue ne put s'empêcher de lancer une boutade, dimanche dernier, en voyant la Ferrari de Barrichello reprendre le sillage de la monoplace n°1 après s'être déportée au freinage, le Brésilien faisant mine de vouloir attaquer son leader. «Il a cru entendre go, mais c'était no

Attaque au Canada

Une situation ayant fait renaître chez certains les suspicions de consignes au sein de la Scuderia. Les autres soulignant le manque d'audace d'un Rubens qui, jeudi, s'est défendu.

«Avez-vous déjà vu un équipier de Michael essayer de le dépasser? Jamais, je suis le premier et j'en suis fier. Je n'ai aucune honte à être régulièrement battu par le meilleur.»

Puis, Barrichello, qu'on dit moins proche en essais depuis qu'il ne participe plus aux briefings techniques avec le sextuple champion du monde, avoua: «C'était frustrant car, au Canada, j'étais plus vite que Michael de 3 à 4 dixièmes au tour. Si j'avais pu le passer, j'aurais pu gagner. Mais on n'allait tout de même pas lui demander de m'ouvrir la porte. Que vouliez-vous? Qu'on intime à Michael l'ordre de me laisser doubler? Que je risque l'accrochage? J'ai préféré attendre les ravitaillements. Hélas, mon pit-stop fut un peu plus long (NdlR: oh! le malheureux hasard) et je me suis loupé en pneus neufs.»

Et Barrichello, courroucé, de conclure: «Inutile de vouloir réinstaller la controverse. On est libre de faire chacun sa course pour autant qu'on ne risque pas l'accrochage.»

Mais, au fait, peut-on imaginer tenter une manoeuvre de dépassement sur Schumi sans risquer l'accident?

© Les Sports 2004

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