Schumi en profitant du crash de Ralf

Combien de temps Rubens Barrichello, en pole pour la 10e fois de sa carrière et la première de la saison, allait-il pouvoir rester devant son équipier Michael Schumacher? Telle était la question que tout le monde se posait, hier, au départ de ce Grand Prix des Etats-Unis. Notre site F1

Schumi en profitant du crash de Ralf
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Olivier de Wilde

INDIANAPOLIS Combien de temps Rubens Barrichello, en pole pour la 10e fois de sa carrière et la première de la saison, allait-il pouvoir rester devant son équipier Michael Schumacher? Telle était la question que tout le monde se posait, hier, au départ de ce Grand Prix des Etats-Unis.

Une 9e manche du championnat du monde marquée par de nombreux incidents. Le premier avant même l'envol puisqu'au moment de s'élancer pour le tour de chauffe on vit Juan Pablo Montoya, 5e sur la grille, bondir comme un diable de sa boîte hors de sa Williams-BMW et piquer un sprint vers son stand pour partir, dernier, avec le mulet. Un échange interdit à moins de 15 secondes du départ. Mais la direction de course mit près d'une heure et demi pour signifier sa disqualification à un Monti remonté jusqu'au 3e rang. De quoi augmenter sa rage...

Quelques minutes plus tard, les feux rouges s'éteignaient. Et si Rubinho conservait tranquillement l'avantage sur un Schumi plus occupé à repousser les assauts du kamikaze Sato, derrière, un ralentissement de Da Matta provoquait un gros carambolage au premier virage. Bruni, Pantano, Massa et Klien restaient sur le carreau, obligeant la voiture de sécurité à sortir quatre tours pour dégager les épaves et les débris jonchant la piste.

Dès la reprise, Rubens Barrichello gérait mal sa relance. Plus lent dans le banking , le Brésilien ne pouvait rien contre son équipier le passant à l'aspiration.

On eut à peine le temps de penser que ce GP était déjà terminé que, trois boucles plus tard, la Renault d'un Alonso catapulté au départ de la 9e à la 3e place tapait violemment le mur au bout de l'interminable ligne droite suite, visiblement, à l'explosion (ou le déjantage) de son pneu arrière droit. Et ce n'était pas terminé! Tandis que l'Espagnol, indemne, constatait les dégâts, une autre monoplace quittait la piste au beau milieu du peloton à la sortie du banking . Après un tête-à-queue sans doute provoqué là aussi par l'éclatement d'un pneu - aurait-il roulé sur les débris de l'accident d'Alonso ou du premier crash? - la Williams-BMW de Ralf Schumacher heurtait le mur à plus de 300 km/h. Des images effrayantes où l'on vit Webber éviter de justesse une carcasse fumante immobilisée en plein milieu de la piste. Cette fois, c'est sûr pensait-on, la course allait être arrêtée au drapeau rouge. D'autant qu'après un geste réflexe pour tenter de s'extraire seul de son épave, Ralf, conscient mais souffrant du dos, resta bloqué de longues minutes dans son baquet. Eh bien non! Les impératifs du direct et surtout la concurrence de l'Euro 2004 incitèrent plutôt la direction de course à ressortir la safety car . Ce dont profita le leader Michael Schumacher (il ignorait encore que son frère était en cause) et la majorité de ses poursuivants - à l'exception des BAR - pour ravitailler.

Après une neutralisation d'une vingtaine de minutes durant lesquelles on se fit du souci pour Ralf, la course reprenait ses droits. Et n'allait, cette fois, plus vivre de trop gros bouleversements même si en effectuant son second arrêt neuf tours après son équipier, Rubens Barrichello, lâché en début de course, allait réussir à revenir dans ses roues. On frisa même l'accrochage entre les deux Ferrari à 22 tours du drapeau à damiers. Mais l'Allemand conservait finalement l'avantage et décrochait son 78e succès, le 8e de la saison, avant de courir prendre des nouvelles de son frangin.

Derrière les deux F 2004, Sato profitait des nombreux incidents (et du premier abandon de son équipier Button au 27e tour) et d'une petite erreur de Trulli (4e), parti en fond de grille, pour gommer sa mauvaise stratégie et monter sur son premier podium.

© Les Sports 2004

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