«Un beau match sans goal»

Comme au Canada, comme en France la semaine dernière et d'autres fois où il n'est pas parti en tête, Michael Schumacher a encore programmé l'hymne national allemand sans devoir dépasser personne sur la piste. La faute, diront les amateurs de spectacle, grâce, rétorquera-t-on dans le clan des Rouges, à une stratégie à nouveau optimale et différente de tout le monde (hormis l'Italien Fisichella, parti bon dernier après avoir cassé un moteur et remonté superbe sixième) choisie dès le samedi midi.

O. d.W.

Comme au Canada, comme en France la semaine dernière et d'autres fois où il n'est pas parti en tête, Michael Schumacher a encore programmé l'hymne national allemand sans devoir dépasser personne sur la piste. La faute, diront les amateurs de spectacle, grâce, rétorquera-t-on dans le clan des Rouges, à une stratégie à nouveau optimale et différente de tout le monde (hormis l'Italien Fisichella, parti bon dernier après avoir cassé un moteur et remonté superbe sixième) choisie dès le samedi midi.

«En analysant les résultats des essais libres, on a compris (pas Rubens Barrichello apparemment, le Brésilien choisissant à nouveau la mauvaise option) qu'il serait difficile de se battre pour la pole face à certains de nos rivaux équipés de Michelin. Dès lors, on a choisi d'embarquer un peu plus d'essence» (NdlR: 15 litres, de quoi effectuer 6 tours de plus que son équipier et ne partir que pour deux ravitaillements).

Bien pensée, la stratégie imaginée par les Masters de Ferrari était encore la meilleure: «En Australie, n'importe quelle tactique aurait été payante. Désormais, c'est un peu plus serré. Il faut réfléchir un peu plus pour ne pas se tromper.»

Seul regret, en Angleterre, on a encore assisté à un Grand Prix sans aucun dépassement sur la piste. Du moins pour les premières places. La F 1 ne serait-elle plus qu'un simple jeu d'échecs? «Le problème des dépassements est récurrent. C'est vrai qu'il y en a moins qu'avant. Mais s'il y en avait tous les tours comme en GP motos, cela n'aurait plus rien d'exceptionnel ni d'excitant. Vouloir comparer la F 1 à la moto est aussi absurde qu'établir un parallèle entre le football et le basket-ball. Ce sont deux sports de ballon certes, mais vous n'attendez pas autant de goals que de paniers. Un beau dépassement, c'est comme un beau goal. Cela n'arrive pas à tous les GP. Mais j'ai déjà assisté à de très beaux matches sans aucun but.»

D'accord, mais dans ce cas-là, alors, il n'y a pas de vainqueur...

© Les Sports 2004