Max Mosley revient et frappe fort

Max Mosley est très fort. Moins de trois semaines après avoir annoncé sa démission, dès le 1er octobre prochain, de son poste de président de la FIA, l'avocat britannique est revenu, vendredi dernier, avec de nouvelles propositions visant à réduire la vitesse et augmenter le spectacle des F 1 dès 2005.

O.d.W.

Max Mosley est très fort. Moins de trois semaines après avoir annoncé sa démission, dès le 1er octobre prochain, de son poste de président de la FIA, l'avocat britannique est revenu, vendredi dernier, avec de nouvelles propositions visant à réduire la vitesse et augmenter le spectacle des F 1 dès 2005. Mieux, après avoir cédé aux supplications du Sénat (un groupe de 8 membres éminents) de la FIA jugeant sa décision «irresponsable et susceptible de nuire aux intérêts de la Fédération internationale automobile» et le priant dès lors d'achever au moins son mandat jusqu'en 2005, Max la Menace a fixé un ultimatum aux écuries : si pour le 6 septembre prochain au plus tard, 8 d'entre elles au moins ne se sont pas mises d'accord sur d'éventuelles autres manières de réduire les performances des monoplaces actuelles, ces propositions deviendront obligations. En résumé, Mad Max a bien joué le coup. Après avoir feint de partir, il revient encore plus fort. Son discours est clair: il veut bien rester une année de plus mais à condition que tout le monde suive la direction dans laquelle il veut aller.

Comme au début de l'année 2003 avec le nouveau système de qualification et de parc fermé, puis cette année avec le moteur unique, la F 1 risque de subir une nouvelle évolution en 2005. Un fameux coup de marche arrière enclenché par l'autorité sportive pour gommer le travail des ingénieurs millionnaires grâce auxquels les F 1 vont toujours de plus en plus vite.

Le point le plus radical de la réforme proposée par la FIA concerne les pneus. Après l'abandon de l'idée du manufacturier unique, on en viendrait à la solution de la réduction du nombre de gommes limité à deux trains par week-end de GP: un pour les essais libres, le second pour la qualification et la course. Avec en cas de crevaison le dimanche, la possibilité de remettre un pneu usagé des essais libres, sans pouvoir ravitailler en carburant en même temps.

Retour sur sa décision en 2005?

Résultat, on en reviendra à des gommes en béton avec une diminution des performances et du grip au freinage et en virage, la disparition de la tactique et des arrêts au stand à répétition. Comme il y a 20 ans, il faudra gérer ses pneus et les fins de course pourraient offrir pas mal de retournements de situation. Même si cela ne cadre pas vraiment avec l'image du sommet de la technologie et de la performance, cela pourrait relancer l'intérêt des GP. Les deux autres principales mesures concernent l'aérodynamisme avec une diminution de 25pc de la charge aéro afin de réduire la vitesse de passage en courbe et d'allonger les distances de freinage (et donc favoriser les dépassements) et les moteurs. Dans la lignée de ce qui se fait aujourd'hui, le même V 10 devrait tenir en 2005... 2 week-ends de GP. Avec en 2006 l'apparition des nouveaux V 8 2.4 litres avec lesquels la puissance serait réduite de 20pc. Et pour ne pas perdre les petites écuries ou nouveaux teams privés ne collaborant pas directement avec un grand constructeur, l'utilisation des V 10 3 litres actuels serait encore autorisée jusque fin 2007 mais avec un limiteur de régime fixé par la FIA. Pas de doute, Max Mosley a décidé de frapper fort pour son retour. Et de tracer avec de gros pas la voie à suivre pour son successeur. Pour autant qu'il ne revienne pas encore sur sa décision fin 2005...

© Les Sports 2004