«Le titre entre Rubens et moi»

Même si le Nürburgring ou même Francorchamps sont plus proches de son village natal de Kerpen, Michael Schumacher a toujours considéré que le rendez-vous d'Hockenheim constituait sa seule véritable course nationale. «Je suis Allemand et c'est tout de même le seul GP d'Allemagne», fait-il justement remarquer à l'égard d'un circuit où le sextuple champion du monde fut rarement prophète en son pays.

«Le titre entre Rubens et moi»
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OLIVIER DE WILDE

ENVOYÉ SPÉCIAL À HOCKENHEIM

Même si le Nürburgring ou même Francorchamps sont plus proches de son village natal de Kerpen, Michael Schumacher a toujours considéré que le rendez-vous d'Hockenheim constituait sa seule véritable course nationale. «Je suis Allemand et c'est tout de même le seul GP d'Allemagne», fait-il justement remarquer à l'égard d'un circuit où le sextuple champion du monde fut rarement prophète en son pays. « Casse moteur, accident, absence pour cause de convalescence (NdlR: et cette année, c'est au tour de son frère), problèmes de pneumatiques l'an dernier dans la fournaise: depuis mes débuts, je ne me suis imposé ici qu'à deux reprises, en 1995 avec Benetton et voici deux ans avec Ferrari.»

Malgré ces nombreuses infortunes, Schumi retrouve toujours avec plaisir l'ambiance surchauffée du Stadium: «Pour moi, c'est un des événements les plus importants de la saison. Un GP que je tiens absolument à gagner. Mais dimanche, je pourrais repartir vaincu...»

Par qui? Un pilote Michelin même si Bibendum ne possède plus le même avantage que l'an dernier par forte chaleur, Bridgestone ayant gommé un handicap en raison duquel le héros de la nation subit l'humiliation en 2003 de se faire prendre un tour par le vainqueur Montoya. Un Colombien qui rêve encore de se rappeler au bon souvenir de tous pour l'anniversaire du dernier succès de Williams-BMW.

Schumi-Barrichello: 10-0

«L'opposition change d'un week-end à l'autre, selon la physionomie du tracé », poursuit le Kaiser, déjà le plus rapide hier, de 44 millièmes devant Raikkonen. «Une fois c'est Renault, l'autre, BAR-Honda, parfois mon équipier et, depuis Silverstone, McLaren-Mercedes est de retour aux affaires. La nouvelle évolution est réussie. Ils sont redevenus très forts et gagneront très prochainement.»

Mais avec plus de septante points de retard pour sept épreuves encore à disputer, Montoya, Ralf, Raikkonen et Coulthard songent déjà à 2005. Et si la mathématique accorde encore une infime chance de couronnement à Alonso, Trulli et Button, il est clair depuis un petit bout de temps qu'un pilote Ferrari sera champion. Même Michael l'avoue: «Depuis quelques courses, on a compris que le championnat se résumerait à une affaire interne, ce qui ne constitue pas réellement une surprise.»

Et comme au sein de la Scuderia, qui pourrait être couronnée chez les constructeurs dès demain (pour autant qu'elle inscrive 13 unités de plus que Renault), on a toujours déroulé le tapis rouge et joué uniquement le jeu du sportif le mieux payé au monde, il est clair comme de l'eau de Spa que le 7e sacre de Herr Schumacher n'est plus qu'une question de semaines. Seule la nouvelle distribution des points anti-Schumacher repousse quelque peu l'échéance. Sera-ce à Francorchamps, pour le 700e GP de Ferrari à Monza, pour les débuts de la F 1 en Chine? Tout dépend du dauphin Barrichello.

«La bataille s'annonce très belle car Rubens a démontré, lors des dernières joutes, être très fort. Je suis convaincu que d'ici à la fin de la saison, il fera tout pour me battre.»

La preuve que le n°1 mondial ne manque pas d'humour. A moins que ce soit de l'humilité. Rappelons en effet qu'en termes de succès, Michael mène dix à zéro cette saison face à Rubinho. Pire qu'un score de forfait...

© Les Sports 2004