Bas Leinders se place pour Spa

A quinze jours du retour du grand cirque de la F 1 à Spa-Francorchamps après le break forcé de l'an dernier, la Belgique s'offre toujours le droit de rêver et d'espérer saluer dans la foulée un autre retour, autrement plus long, à savoir celui d'un pilote belge au départ d'un GP.

DANIEL STRIANI

ENVOYÉ SPÉCIAL À BUDAPEST

A quinze jours du retour du grand cirque de la F 1 à Spa-Francorchamps après le break forcé de l'an dernier, la Belgique s'offre toujours le droit de rêver et d'espérer saluer dans la foulée un autre retour, autrement plus long, à savoir celui d'un pilote belge au départ d'un GP. Depuis le deuxième rendez-vous de l'actuelle saison, en Malaisie, Bas Leinders s'affirme, au sein de l'écurie Minardi, non plus seulement comme un pilote d'essais averti, discipliné et rigoureux mais aussi, si pas surtout, comme compétitif à souhait.

Depuis le GP d'Europe au Nürburgring, on peut clairement dire que le Campinois rivalise d'égal à égal avec Zsolt Baumgartner et Gianmaria Bruni, les deux pilotes titulaires du plus petit team de la F 1, lors des deux séances d'essais libres du vendredi. «A la différence que le matériel mis à ma disposition n'est pas identique à celui de Baumgartner et de Bruni», sourit notre compatriote.

Hier sur le tracé de l'Hungaroring, Bas Leinders a montré de quel bois il se chauffait. Tant lors de la séance matinale, disputée sous le soleil, que dans celle de l'après-midi, qui s'est, par moments, déroulée sous un ciel nuageux, Leinders a devancé ses deux «leaders». A deux semaines du GP de Belgique, il ne pouvait pas mieux mettre la pression sur les épaules de Paul Stoddart et des décideurs de chez Minardi.

«Je ne sais qu'une chose aujourd'hui, c'est que je roulerai le vendredi à Francorchamps. Et le reste du week-end aussi? Demandez à Paul Stoddart!» Le mérite du pilote belge est d'autant plus grand que sa monoplace n'est pas aussi bien équipée que celles de Baumgartner et de Bruni. «Le moteur que j'ai utilisé ce vendredi à l'Hungaroring comptabilisait déjà plus de 400 km. Mes freins étaient loin d'être neufs et au niveau aérodynamique, le trou entre les deux lamelles de mon aileron arrière était plus grand. J'ai donc bénéficié de moins d'appui.»

Faim de volant

Avec tout ça, Bas Leinders a donc dominé ses deux équipiers du vendredi. Et dans son esprit, il y a une équation qui ne fait pas un pli. «J'ai une moins bonne voiture que mes deux partenaires et je suis plus rapide. Donc j'en déduis que je suis meilleur qu'eux! Aujourd'hui, les gens peuvent se dire que ma monoplace est meilleure que celle que j'avais en juin au Canada et aux Etats-Unis, mais ce n'est pas vraiment le cas. C'est simplement moi qui me suis amélioré, au point d'être aujourd'hui plus performant que Baumgartner et Bruni.»

Bref, Bas Leinders a faim de volant. Dès lors, si Baumgartner joue à domicile ce week-end et si Bruni en fera de même à Monza dans un mois, il est normal que Leinders ait envie d'en faire de même dans quinze jours en Belgique.

© Les Sports 2004