Olivier Panis s'accroche

Sans aller jusqu'à écrire que l'humeur est pesante lorsqu'on franchit le seuil de l'écurie Toyota à l'Hungaroring, il n'en demeure pas moins que la grande lessive qui a dégommé Cristiano Da Matta, Ange Pasquali et Norbert Kreyer, respectivement pilote, team manager et responsable de la recherche, a laissé des traces.

D.St.

Sans aller jusqu'à écrire que l'humeur est pesante lorsqu'on franchit le seuil de l'écurie Toyota à l'Hungaroring, il n'en demeure pas moins que la grande lessive qui a dégommé Cristiano Da Matta, Ange Pasquali et Norbert Kreyer, respectivement pilote, team manager et responsable de la recherche, a laissé des traces. Mike Gascoyne, qui est très probablement à la base de cette «révolution», a jusqu'à présent épargné Olivier Panis qui, du haut de ses 153 GP, prend les choses avec philosophie. «J'ai téléphoné à Cristiano pour lui témoigner ma solidarité, explique le Grenoblois. Nous étions vraiment complices. Concernant Ange Pasquali, en tant que Français, nous étions très proches. Maintenant, les pontes de l'écurie ont fait leurs choix. Ce n'est pas à moi qu'il revient de les commenter.»

Huitième à Monaco et cinquième à Indianapolis cette année, Olivier Panis est probablement en sursis chez Toyota. Son contrat, sauf avis contraire, ne sera pas renouvelé, puisqu'aux côtés de Ralf Schumacher, on devrait retrouver Jarno Trulli en 2005. «Mais je n'ai pas le sentiment que je vis mes dernières semaines en F 1, réplique le pilote. D'ailleurs, je fais l'objet de l'une ou l'autre offre. D'ici un ou deux GP, ma décision sera prise. Je suis encore assez rapide ( NdlR: hier il signa d'ailleurs les 7e et 5e chronos lors des deux séances d'essais libres ) que pour arrêter les frais en F 1. Ce monde, c'est le mien. Après deux semaines de congé, j'ai déjà envie de reprendre le collier. Je n'ai jamais eu la chance de rouler pour un top team, mais je ne m'en plains pas. Suis-je occupé à construire quelque chose de performant pour qu'un autre pilote en profite? Ca fait partie du jeu. Si tel était le cas, j'aurais l'impression d'avoir participé à la victoire.»

Naguère pilote d'essais chez McLaren, Olivier Panis n'exclut pas la possibilité d'en revenir à ce type de boulot. «Je ne dis pas non, en effet. Avec le recul, je me dis qu'à l'époque, j'aurais peut-être été plus inspiré en acceptant une 2e année ce rôle de pilote essayeur chez McLaren. Peut-être qu'avec le temps, j'aurais eu la chance de revendiquer un des deux baquets de cette écurie tant mon travail y était unanimement apprécié. Mais je n'avais pas envie de perdre le film de la course plus d'un an.»

Son fils Aurélien, âgé de dix ans, n'a pas envie, lui, de perdre un seul GP où roule son papa. «Comme il a bien travaillé à l'école, on l'a pris avec ici en Hongrie. J'essaie de l'en dissuader, mais j'ai l'impression qu'il mord de plus en plus à la course automobile. J'espère qu'après le kart, il n'ira pas plus haut!»

© Les Sports 2004