L' italian job de Giancarlo Fisichella

Les dents serrées masquées par ses fines lèvres éternellement pincées, Giancarlo Fisichella savoure chaque seconde de cette cérémonie du podium. Les yeux embrumés d'émotion, le regard lointain, le pilote Renault se souvient sans doute que l'intensité de ce moment unique lui avait manqué, voici deux ans, au Brésil, lorsque, debout sur la deuxième marche du podium tout de jaune vêtu, il ne savait pas encore qu'il hériterait de sa première victoire en Formule 1, par recommandé quinze jours plus tard...

L' italian job de Giancarlo Fisichella
©EPA
Ph. J.

Les dents serrées masquées par ses fines lèvres éternellement pincées, Giancarlo Fisichella savoure chaque seconde de cette cérémonie du podium. Les yeux embrumés d'émotion, le regard lointain, le pilote Renault se souvient sans doute que l'intensité de ce moment unique lui avait manqué, voici deux ans, au Brésil, lorsque, debout sur la deuxième marche du podium tout de jaune vêtu, il ne savait pas encore qu'il hériterait de sa première victoire en Formule 1, par recommandé quinze jours plus tard...

Et si samedi après midi, lors de la première séance qualificative de ce Grand Prix d'Australie, Dame Chance joua un grand rôle dans l'esquisse de cette marche triomphale, le pilote romain a parfaitement thésaurisé son avantage chiffré pour gérer avec talent le potentiel énorme affiché tout au long de l'hiver et ici, durant ce premier week-end de compétition, par sa nouvelle Renault R 25.

Confirmant la pole acquise samedi hier en début de matinée, Fisico s'offrit un départ de rêve et une course parfaitement claire, sans la moindre contrariété.

«C'est vrai, pour moi, ce premier week-end de Grand Prix fut un véritable régal, souriait-il à sa descente du podium. Disputer ma première cour- se pour Renault et remporter la victoire dès le premier Grand Prix: je crois que je ne pouvais pas rêver mieux! Et même si j'ai conscience d'avoir été chanceux samedi, tout au long de ce week- end et notamment lors de la deuxiè- me séance qualificative et durant la course, nous avons témoigné une efficacité à toute épreuve. Finalement, ce fut plus facile que je ne l'aurais cru.»

Un Grand Prix sans faute qui permit à Fisichella de ne jamais douter, même lorsque, dans les derniers tours, la menace de la Ferrari de Barrichello se fit plus précise.

«La voiture est restée parfaitement équilibrée tout au long de la course et la qualité des pneus Michelin m'a permis de réaliser mon meil- leur tour en course en vue de l'arrivée, poursuit-il. Sur la fin du Grand Prix, j'avais été retardé par quelques attardés, mais surtout par la Sauber de Villeneuve qui m'a fait perdre près de 5 secondes en l'espace d'un tour. Barrichello était revenu très près, mais j'ai pu réaccélérer pour le maintenir à distance."

Cette victoire, ponctuée par la superbe troisième place conquise par son équipier Fernando Alonso, revenu du diable vauvert après des qualifications difficiles et, surtout, dix-sept tours passés dans le sillage du même Jacques Villeneuve, permet à l'écurie Renault d'envisager la saison 2005 avec de réelles ambitions.

«Dès que je me suis assis dans la voiture, au mois de janvier dernier, j'ai compris que nous pourrions lutter en tête cette saison, reprend Fisichella, revenu dans son ancienne écurie (ex-Benetton) pour y remplacer Jarno Trulli. La voiture était rapide et présentait un comportement sain dans toutes les configurations. Dès lors, je dirais même qu'avec les évolutions à venir en terme de développement, nous pourrons sans doute jouer cette année avec McLaren et Ferrari pour le championnat. Mais pour le moment, je crois qu'il est encore un peu tôt pour parler de cela. Nous allons aborder course par course, tout en sachant que ce premier Grand Prix a été tronqué par les premiers essais qualificatifs de samedi et que nos adversaires directs, pour diverses raisons, n'ont pas été en mesure d'exprimer tout leur potentiel...»

© Les Sports 2005


Prometteur Le rideau est tombé sur ce Grand Prix d'Australie. Et tandis que le soleil se couchait hier sur l'Albert Park de Melbourne, il illuminait le reste de la planète F 1 d'une nouvelle lueur d'espoir. Oui, cette saison 2005 s'annonce nettement plus pétillante que ne le fut l'édition 2004. Hier, on ne trouvait d'ailleurs que des pilotes et des team managers souriants à la sortie des paddocks. Ceux-là même qui, à une exception près, faisaient la soupe à la grimace, voici tout juste douze mois. Car outre la victoire un peu linéaire, mais ô combien méritée, du talentueux Giancarlo Fisichella, on a pu observer, trois jours durant, que la Scuderia ne possédait plus vraiment l'avantage. Les Ferrari devront réapprendre à partager le gâteau avec Renault et McLaren. Comme annoncé, les Bleus et les Flèches d'argent possèdent désormais la technologie, le talent et la fiabilité nécessaires pour rivaliser à nouveau avec l'écurie transalpine. Et même si McLaren n'a pu transformer hier les essais encourageants de ces dernières semaines et de ce long week-end aux antipodes, Raikkonen et Montoya sont déjà impatients d'en découdre, dans quin- ze jours, en Malaisie. Un deuxiè- me Grand Prix exotique, où les pneus et les moteurs seront certainement mis à rude épreuve, surtout dans le cadre de la nouvelle réglementation. Quelques outsiders pourront donc éventuellement se mêler au débat. Ainsi, l'exploit réalisé à Melbourne par l'écurie Red Bull à l'occasion de son premier Grand Prix mérite d'être souligné. L'ancienne Jaguar a surpris tout le monde. Mais pourra-t-il encore en être de même d'ici un bon mois? Dès que l'on posera le pied sur le continent européen, que Ferrari alignera sa nouvelle F 2005 et que Renault et McLaren bénéficieront des évolutions développées durant l'hiver, il y a fort à parier que les outsiders se battront pour grappiller les miettes du festin. Car ils seront bien cinq à batailler ferme pour les victoires et le titre mondial et un sixième (NdlR: Barrichello) à compléter ce sextet.

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