Survivre à l'enfer de Sepang

Plus de 39° à l'ombre, 15 de plus sur la piste et dans les habitacles hier lors des premiers essais libres, pilotes, mécaniques et pneumatiques seront soumis à rude épreuve, demain, dans la fournaise malaise pour le 2e rendez-vous de la saison de F 1. On devrait pouvoir mieux juger les effets de la nouvelle réglementation au deuxième Grand Prix de la saison.

Olivier de Wilde

Plus de 39° à l'ombre, 15 de plus sur la piste et dans les habitacles hier lors des premiers essais libres, pilotes, mécaniques et pneumatiques seront soumis à rude épreuve, demain, dans la fournaise malaise pour le 2e rendez-vous de la saison de F 1. D'autant que la météo prévoit une augmentation de la température pour ce dimanche. Après un premier GP au scénario assez décevant même si la victoire de la Renault de Fisichella a donné une bonne bouffée d'air frais, on devrait pouvoir mieux juger les effets de la nouvelle réglementation, à Sepang.

Les gommes: point crucial

Côté moteur, d'abord, puisque seize des vingt monoplaces au départ (seuls Heidfeld, Albers, Button et Sato utilisent ici un nouveau bloc) s'élanceront dans l'enfer asiatique avec le même V 10 qu'en Australie, soit un bon millier de kilomètres dans les pistons. «Si l'on survit à l'épreuve malaise, que nous entamerons avec un moteur éprouvé, cela signifiera que nous serons normalement suffisamment bien pour le reste de la saison, que nous ne devrions pas connaître de soucis de fiabilité du côté de notre moteur », considérait, vendredi, Rubens Barrichello, après avoir passé une grosse partie de la 2e séance au stand suite à un passage par le bac à graviers. «Pour tout le monde, ce sera un grand saut dans l'inconnu car nous n'avons jamais pu simuler une course, surtout une 2e , dans des conditions de chaleur aussi élevée. Peut-être devrons-nous diminuer le rythme en fin de parcours pour ne pas casser.»

Mais le point le plus crucial et certainement le plus intéressant concernera bien évidemment les gommes. «Disputer les qualifications et la course avec le même train de pneus ne sera pas une mince affaire », estimait Michael Schumacher après avoir passé, comme la majorité de ses rivaux, le plus clair de son temps à évaluer les deux types de pneus mis à sa disposition par Bridgestone. «Nous allons devoir opérer un choix », expliquait l'ingénieur en chef de la Scuderia Ross Brawn. «Soit donner la priorité aux qualifs pour s'assurer une bonne place sur la grille, soit compromettre celles-ci et risquer de devoir partir de plus loin mais avec des gommes plus dures et donc plus endurantes nous offrant de meilleures performances sur l'ensemble du GP.»

Une chose est certaine: sur une piste plus abrasive, chauffée à 55°, on devrait assister à plus de rebondissements, de remontées ou d'effondrements en fin de course avec des pneus à la corde, voire en lambeaux. En espérant que, comme à Melbourne, ce facteur d'usure n'incite pas trop les concurrents à rouler sur la défensive en début de course, sans prendre aucun risque ni oser la moindre manoeuvre de dépassement de peur de bloquer une roue lors d'un freinage tardif et de traîner un plat comme un boulet jusqu'au drapeau à damiers.

Enfin, physiquement aussi, les pilotes devront se préserver et bien se préparer, en buvant beaucoup, pour tenir le coup dans ce véritable sauna d'où ils sortiront après avoir perdu 3 à 4 kilos en transpiration: «Avec plus de 50° dans le cockpit, sous nos combinaisons ignifugées, ce GP est un véritable choc pour l'organisme », racontait Jenson Button, dont la BAR devrait être plus fringante qu'en Australie. Surtout dotée d'un V 10 Honda plus frais. «Il n'y a pas que les pneus qui feront la différence en fin de course...»

© Les Sports 2005


Giancarlo Fisichella, vainqueur à Melbourne, a débarqué en Malaisie mardi dernier. Si la piste était plus rapide le matin, ce dont profita le réserviste Toyota Ricardo Zonta pour s'offrir le meilleur temps, les pilotes Renault ont préféré attendre les véritables conditions de course de l'après-midi, entre 2 et 3h, pour commencer leur travail. «Malgré le trafic et pas mal de drapeaux jaunes, nous avons signé des chronos encourageants (6e et 9 e )», explique Fisico assez optimiste pour la suite du championnat. «Nous sommes dans le coup et j'espère pouvoir viser un nouveau podium. Je m'entends très bien avec mon équipier Fernando Alonso, un excellent pilote. A nous deux, nous formons une paire rapide et homogène grâce à laquelle Renault pourrait décrocher le titre.» Pour se retrouver dans cette position, il faudra battre la Scuderia de Michael Schumacher et Rubens Barrichello, dont l'évolution 2004 (en attendant la F 2005 sans doute pour Barheïn) est un peu moins rouge vif en ce début de campagne, mais aussi les Flèches d'Argent de Kimi Raikkonen et de Juan Pablo Montoya, tous deux très en verve ce vendredi.

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