Alonso, Renault, Flavio, bravo!

Pole position confirmée, dimanche, lors de la deuxième qualification, départ canon, envolée rapide, puis gestion parfaite de la course avant de signer le deuxième succès de sa carrière après la Hongrie 2003 et de prendre par la mê- me occasion pour la première fois la tête du Championnat du Monde de F1 avec seize unités, le scénario fut quasi idéal, ce week-end, en Malaisie, pour le jeune Fernando Alonso ne perdant la tête que très momentanément lors de ses ravitaillements aux 21e et 40e tours.

Alonso, Renault, Flavio, bravo!
©EPA
O. d.W.

Pole position confirmée, dimanche, lors de la deuxième qualification, départ canon, envolée rapide, puis gestion parfaite de la course avant de signer le deuxième succès de sa carrière après la Hongrie 2003 et de prendre par la mê- me occasion pour la première fois la tête du Championnat du Monde de F 1 avec seize unités, le scénario fut quasi idéal, ce week-end, en Malaisie, pour le jeune Fernando Alonso ne perdant la tête que très momentanément lors de ses ravitaillements aux 21e et 40e tours. «Et pourtant, je vous promets que ce fut dur, très dur, surtout physiquement!» admettait le pilote Renault, obligé de se courber, puis même de s'agenouiller sur le podium pour éviter l'évanouissement après avoir jeté ses ultimes forces en bondissant sur le capot de sa R 25, puis dans les bras de son boss et manager Flavio Briatore. «Depuis la mi-course, j'ai rencontré un problème avec ma gourde. Je ne parvenais plus à boire. Avec 55 degrés dans l'habitacle, j'étais au bord de la déshydratation. Les quinze ou vingt derniers tours m'ont paru une éternité. Un véritable enfer. J'avais réduit le régime maxi de mon moteur, je préservais mes gommes et je changeais plus tôt de vitesse. Même si notre fiabilité est exemplaire, je ne pouvais m'empêcher d'être inquiet pour mon V 10 et mes gommes.»

Pourtant, sur son circuit préféré avec Francorchamps, là où, à 22 ans, il était déjà devenu le plus jeune poleman de l'histoire en 2003, le pilote d'Oviedo avait encore de la marge. Beaucoup de marge... «En fait, je n'ai jamais vraiment attaqué. En début de course, j'ai regardé comment réagissaient mes pneus. Le comportement de ma monoplace était parfait et l'équipe m'a confirmé qu'ils s'usaient très peu. Michelin a accompli de l'excellent travail. Après m'être forgé un petit coussin, je me suis contenté de surveiller les chronos de Jarno et de répliquer à la moindre tentative de hausse de rythme!» expliquait, encore dégoulinant de sueur, le satané Caras franchissant la ligne d'arrivée avec 24 secondes d'avance sur son ex-équipier et ami Jarno Trulli. «Avec Toyota désormais dans le coup, Williams et McLaren pas loin et Ferrari qui reviendra vite au plus haut niveau j'en suis certain, la saison s'annonce passionnante. Mais, nous l'avons confirmé ce week-end, Renault est maintenant l'équipe à battre. Je suis convaincu que notre voiture sera bonne partout, même dans deux semaines à Barheïn où nous avions souffert l'an dernier. Il ne faut, toutefois, surtout pas nous reposer sur les lauriers fraîchement cueillis car je suis certain que dès le retour en Europe la riposte s'organisera et la concurrence se fera plus forte.»

Une analyse partagée par un Flavio Briatore loin de verser dans le triomphalisme même s'il n'avait plus gagné coup sur coup depuis l'époque de... Michael Schumacher (Pacifique et Japon 1995) voici déjà presque dix ans. «Je suis très heureux pour Fernando. Il n'a pas volé ce succès! racontait le très coloré directeur sportif du team Renault. Mais je suis déçu par la faute et l'abandon de Giancarlo (Fisichella). Même si les deux Williams étaient passées, nous devrions compter aujourd'hui quatre points de plus.»

Une différence qui pourrait compter en fin de championnat, lorsque Ferrari et Bridgestone seront sans nul doute revenus dans la partie.

d'aucune réelle opposition en Malaisie. (EPA)

© Les Sports 2005


Endurance Le deuxième Grand Prix de l'année a confirmé les premières impressions laissées en Australie. D'abord, avec le deuxième succès facile d'une Renault, cette fois pilotée par Fernando Alonso. En pole pour la deuxième fois à Sepang, son circuit préféré, l'Espagnol a effectué la traversée de cette manche en solitaire comme son équipier Giancarlo Fisichella, moins adroit ce week-end, à Melbourne. Ensuite, avec le léger retrait des Williams et des McLaren, pas encore dans le coup pour la victoire mais, surtout, des Ferrari et de Bridgestone, aussi largués avec les gommes dures qu'avec les tendres. Deux points en deux Grands Prix, le septuple champion du monde Michael Schumacher a rarement connu un début de campagne aussi délicat et doit attendre avec impatience le baptême en compétition de sa F 2005 et les évolutions de son manufacturier pneumatique. Qui aurait, en effet, osé imaginer un seul instant voici trois semaines que la Scuderia serait devancée au championnat constructeurs par Red Bull et Toyota, les deux seules écuries à placer leurs deux monoplaces dans les points en Malaisie, l'exploit du jour étant, cette fois, à mettre à l'actif de Jarno Trulli (deuxième), offrant au constructeur japonais son tout premier podium en F 1. Mais si la nouvelle hiérarchie en place est surprenante et si le championnat s'annonce plus ouvert que jamais, les spectateurs n'ont pas gagné au change. Les Grands Prix ont changé de philosophie. D'une succession de sprints, c'est devenu de l'endurance: pour les moteurs, pour les pneus mais, aussi, pour les pilotes n'osant plus prendre de risques en début de course et qui n'ont plus qu'un mot à la bouche: préserver. En découle un scénario peu enthousiasmant, du moins pour les premières places, les remontées ne s'effectuant qu'au gré des ravitaillements et des accrochages ou autres faits de course. Et dès que les positions sont figées, on roule encore plus à l'économie en vue du drapeau à damiers. Enfin, maintenant que gommes et V 10 ont survécu à l'enfer de Sepang où la nouvelle réglementation fut poussée à son paroxysme, on peut espérer qu'à l'avenir les pilotes se montreront moins conservateurs...

Sur le même sujet