Les plus mauvais débuts de Schumi

Deux courses et deux points, jamais depuis ses débuts en F 1, même à l'époque Benetton-Ford ou lors des débuts chaotiques chez Ferrari, Michael Schumacher n'avait connu un début de saison aussi délicat. Et encore, si l'Allemand a timidement ouvert le score ce week-end, il ne le doit qu'à l'accrochage Fisichella-Webber, au pneu explosé de Raikkonen, au retrait de son équipier Barrichello et à la nouvelle distribution des points en vigueur depuis trois ans.

Olivier de Wilde

Deux courses et deux points, jamais depuis ses débuts en F 1, même à l'époque Benetton-Ford ou lors des débuts chaotiques chez Ferrari, Michael Schumacher n'avait connu un début de saison aussi délicat. Et encore, si l'Allemand a timidement ouvert le score ce week-end, il ne le doit qu'à l'accrochage Fisichella-Webber, au pneu explosé de Raikkonen, au retrait de son équipier Barrichello et à la nouvelle distribution des points en vigueur depuis trois ans. Attention, rappelons, toutefois, à ceux qui auraient tendance à dramatiser ou à se réjouir trop vite (selon le camp dans lequel on se place) qu'en 2003, «Schumi» avait également connu un début de campagne fort contrarié avec une quatrième place en Australie, un modeste sixième rang en Malaisie, puis un abandon sur sortie de route au Brésil.

Avant d'accumuler les succès et de décrocher in extremis le titre face à Raikkonen après un nouveau passage à vide sous la canicule estivale. Et là, déjà, la cause des tracas de la Scuderia et de son champion était pneumatique, les Bridgestone fondants comme du chocolat au soleil. Mais, à l'époque, le manufacturier japonais avait réagi vite et bien. Il n'y a donc pas directement lieu de s'alarmer, même si avec la nouvelle réglementation obligeant les concurrents à parcourir les qualifications et l'intégralité de la course avec les mêmes enveloppes, Michelin semble avoir repris l'avantage en proposant le meilleur compromis performance-endurance.

La chaleur pénalisante

Du moins dans les conditions extrêmes. Même diplomatiquement préservés de toute accusation publique, les dirigeants de Bridgestone étaient conscients d'un retard handicapant Ferrari en ce début de championnat. «Nos partenaires techniques vont devoir travailler avec nous les prochaines semaines pour que nous retrouvions notre place devant!» a habilement déclaré en Malaisie l'ingénieur en chef des Rouges Ross Brawn. «Equiper une seule écurie de pointe est un désavantage lorsqu'un règlement change. Bridgestone a effectué trois fois moins d'essais et reçu trois fois moins d'infos pour son développement que Michelin.»

Il est évident que les quelques kilomètres de tests effectués par Jordan et Minardi n'apportent rien à l'écurie championne tandis qu'avec Renault, McLaren, Williams, Toyota, BAR et même Sauber, «Bibendum» évolue plus vite. Sans parler de sa plus grande expérience en endurance avec, notamment, de nombreux succès aux 24h du Mans. «Si le week-end a été noir, il nous a, néanmoins, permis de récolter des informations importantes pour la suite!, reconnaissait le directeur technique de Bridgestone Hisao Suganuma. Nous allons réagir afin de revenir vite à la hauteur de nos rivaux.» «Après une telle course, nous n'avons aucune excuse à faire valoir!, estimait un Jean Todt sévère. Nous avons été battus par des adversaires plus forts. C'est bien la preuve que gagner est un exercice difficile auquel on ne s'habitue pas. Il faut sans cesse savoir se remettre en questions en F 1. Notre équipe est notre force et nous allons travailler d'arrache-pied pour retourner la situation. Ce n'est qu'à l'issue de ces essais que l'on décidera si la nouvelle auto (NdlR: selon Ross Brawn, elle vaudrait entre une demi-seconde et une seconde de mieux que la F 2004M) sera envoyée à Barhein.»

Un Grand Prix où la chaleur risque de pénaliser les gommes japonaises. Mais dès Imola, Ferrari devrait retrouver un peu d'air frais. «Il reste 17 courses. Il n'est donc pas question de s'inquiéter. Mais il faut travailler, c'est évident!», concluait un Michael Schumacher amateur de défis. Soyons certains que ses adversaires ne sont pas encore débarrassés de lui.

© Les Sports 2005

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