Ferrari de retour au sommet à Bahreïn?

Vingt-trois unités de moins que l'an dernier à pareille époque, seize points derrière Renault victorieux des deux premiers Grands Prix de la saison: si la situation de la Scuderia est loin d'être aussi catastrophique que celle de McLaren-Mercedes voici douze mois, il était toutefois temps pour les champions du monde de réagir. Tout savoir sur la saison de F1

Olivier de Wilde

Vingt-trois unités de moins que l'an dernier à pareille époque, seize points derrière Renault victorieux des deux premiers Grands Prix de la saison: si la situation de la Scuderia est loin d'être aussi catastrophique que celle de McLaren-Mercedes voici douze mois, il était toutefois temps pour les champions du monde de réagir. Avant tout par orgueil plus que par véritable urgence, le championnat comptant encore dix-sept rendez-vous.

Ainsi, après des premiers tours de roues concluants et des essais de mise au point menés tambours battants la semaine dernière en Italie, Ferrari a décidé, si pas de précipiter, tout au moins d'avancer d'un bon mois le baptême en course de sa F 2005 dont deux exemplaires prendront la piste aujourd'hui au milieu du désert de Bahreïn.

«Il est vrai que les débuts de cette monoplace étaient initialement prévus en Espagne début mai, confie l'ingénieur en chef de l'écurie Ross Brawn. Mais les essais auxquels ont participé Rubens (Barrichello) et Michael (Schumacher) se sont révélés très positifs et, à leur demande, nous avons fait le nécessaire pour pouvoir aligner ici deux nouvelles voitures, tout en gardant en réserve les deux F 2004M utilisées en Malaisie.»

Réputée pour être une seconde au tour plus rapide que sa devancière, entièrement conçue en fonction du nouveau règlement technique 2005, la nouvelle Ferrari se montrera-t-elle d'emblée au niveau de ses rivales? Deuxième lors de la manche d'ouverture à Melbourne aux commandes de la vieille version, Rubens Barrichello en semble convaincu: «Les tests effectués au Mugello ont confirmé son énorme potentiel. Son comportement dans les courbes rapides est exceptionnel. Avec cette nouvelle arme, nous allons pouvoir à nouveau réellement nous battre avec nos adversaires.»

Doutes sur la fiabilité

Ce que le Brésilien oublie de dire, c'est que, la semaine dernière, ses essais ont été écourtés, son V 10 donnant quelques signes de faiblesse après 495km, soit moins de la moitié de la distance qu'il était censé parcourir pour la durée de deux Grands Prix. Alors le nouveau moteur 055 résistera-t-il à l'effort par les fortes chaleurs enregistrées à Bahreïn? Rien n'est moins sûr. Et puis, outre une F 1 2004 simplement adaptée à la nouvelle réglementation en attendant mieux, le principal problème de Ferrari à Sepang n'était-il pas pneumatique?

«Suite à la Malaisie, nos ingénieurs ont travaillé sans relâche pour revenir dans le coup», avoue le directeur sportif de Bridgestone Hisao Suganuma. Sera-ce suffisant pour rivaliser avec Michelin? «Nous avons totale confiance dans le manufacturier avec lequel nous avons été couronnés ces six dernières années. Et puis, il faut souligner que la F 2005 a été conçue, en collaboration avec les ingénieurs de Bridgestone, pour moins solliciter les gommes», intervient Schumi, excité par ce nouveau défi, surmotivé à l'idée de remonter la pente, de ne plus être systématiquement désigné comme le grand favori. «Il n'y a pas de crise, aucune réaction de panique au sein de notre équipe. Nous travaillons sereinement pour reprendre rapidement notre place au top. J'espère que notre décision d'aligner ici la F 2005 aura été la bonne. Nous devrions être fixés dès les essais», conclut un Allemand qui a tenu à effectuer lui-même le dernier shake down de sa F 2005 avant de prendre la direction de Bahreïn pour le moment de vérité: celui de la première course.

© Les Sports 2005

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